Frise chronologique
milieu du XIIe siècle
Fondation de la paroisse
Fondation de la paroisse
milieu du XIIe siècle (≈ 1250)
Portail roman-gothique et premières structures.
fin XIIe - début XIIIe siècle
Construction du chœur et transept
Construction du chœur et transept
fin XIIe - début XIIIe siècle (≈ 1325)
Style gothique primitif dominant.
1434
Destruction partielle par les Anglais
Destruction partielle par les Anglais
1434 (≈ 1434)
Guerre de Cent Ans.
1491
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
1491 (≈ 1491)
Style gothique flamboyant sous Catherine d'Hardeville.
1883-1888
Restaurations majeures du chœur et croisillon sud
Restaurations majeures du chœur et croisillon sud
1883-1888 (≈ 1886)
Remplacement chapiteaux et clés de voûte.
7 mai 1945
Classement monument historique
Classement monument historique
7 mai 1945 (≈ 1945)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Lucien : classement par arrêté du 7 mai 1945
Personnages clés
| Saint Lucien - Patron de l’église |
Premier évêque de Beauvais, martyrisé au IIIe siècle. |
| Catherine d'Hardeville - Commanditaire de la nef |
Reconstruction fin XVe siècle après destructions. |
| Bernard Duhamel - Historien local |
Auteur d’une étude sur l’église (1988). |
| Frère Luc (Claude François) - Peintre du XVIIe siècle |
Auteur du tableau *Ecce Homo* conservé dans l’église. |
| Jean Le Noir - Bienfaiteur (décédé en 1657) |
Lègue un arpent de terre pour des messes perpétuelles. |
Origine et histoire
L’église Saint-Lucien d’Avernes, située dans le Val-d’Oise, trouve ses origines au moins au milieu du XIIe siècle, comme en témoigne son portail de transition entre les styles roman et gothique. Fondée sous le patronage de saint Lucien, premier évêque de Beauvais martyrisé au IIIe siècle, elle dépendait sous l’Ancien Régime du prieuré de Saulseuse (Eure) et de l’archidiocèse de Rouen. La construction s’échelonne du XIIe au XIIIe siècle, avec un chœur et un transept gothiques primitifs, suivis d’une nef reconstruite à la fin du XVe siècle après des destructions pendant la guerre de Cent Ans (1434). Les chapiteaux du XIIe siècle, réemployés, et le portail roman déplacé côté nord rappellent ces phases successives.
Au XIXe siècle, l’église subit des restaurations radicales : en 1883 et 1888, le chœur et le croisillon sud voient leurs chapiteaux et clés de voûte remplacés, tandis que la nef reçoit des fausses voûtes en plâtre. Le croisillon nord, restauré en 1901, conserve des chapiteaux inachevés sous forme de blocs cubiques. Malgré ces interventions, la croisée du transept, authentique, reste la partie la mieux préservée, avec ses voûtes d’ogives et sa polychromie médiévale. Classée monument historique en 1945, l’église illustre aujourd’hui l’évolution architecturale et les défis de la conservation, tout en restant un lieu de culte actif au sein de la paroisse Avernes et Marines.
Le mobilier inclut des éléments classés, comme une cloche de 1729 et des crédences Louis XV, ainsi qu’un tableau du XVIIe siècle représentant l’Ecce Homo par le frère Luc. Le clocher trapu, coiffé d’une flèche en ardoise, et les contreforts à ressauts des parties orientales caractérisent son extérieur. L’humidité du sol, due à une source et un lavoir voisins, a cependant endommagé les fondations, notamment dans le croisillon nord. L’histoire de la paroisse, liée à un prieuré aujourd’hui disparu, reste partiellement méconnue, faute de documents d’archives.
L’église s’inscrit dans le Parc naturel régional du Vexin français, un territoire marqué par l’agriculture et les villages ruraux. Sous l’Ancien Régime, Avernes dépendait du doyenné de Meulan et du Vexin français, une région de petites seigneuries et de prières locales. La Révolution française transforme son statut ecclésiastique : rattachée au diocèse de Versailles en 1790, puis à celui de Pontoise en 1966, elle reflète les réorganisations administratives et religieuses de l’Île-de-France. Aujourd’hui, son architecture hybride et son rôle communautaire en font un patrimoine vivant, malgré les altérations subies au fil des siècles.