Frise chronologique
vers 1120-1130
Construction du clocher roman
Construction du clocher roman
vers 1120-1130 (≈ 1125)
Voûte d’ogives parmi les plus anciennes du Val-d’Oise.
1161
Fondation de la paroisse
Fondation de la paroisse
1161 (≈ 1161)
Église dédiée à saint Lucien, premier évêque de Beauvais.
début XIIIe siècle
Reconstruction du chœur gothique
Reconstruction du chœur gothique
début XIIIe siècle (≈ 1304)
Chœur à double vaisseau et nef dédoublée.
XIVe siècle
Vierge à l’Enfant sculptée
Vierge à l’Enfant sculptée
XIVe siècle (≈ 1450)
Statue classée en 1905, aujourd’hui dégradée.
14 octobre 1908
Classement monument historique
Classement monument historique
14 octobre 1908 (≈ 1908)
Protection du chœur et du clocher.
1966
Rattachement au diocèse de Pontoise
Rattachement au diocèse de Pontoise
1966 (≈ 1966)
Création du département du Val-d’Oise.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Choeur et clocher : classement par arrêté du 14 octobre 1908
Personnages clés
| Saint Lucien - Premier évêque de Beauvais |
Patron de l’église, martyrisé au IIIe siècle. |
| Abbé Vital Jean Gautier - Historien local |
A évoqué la fondation de la paroisse en 1161. |
| Nicolas Le Clerc - Fondeur de cloches |
Plaque de fondation datée de 1639. |
| Charles Lévêque - Artisan verrier |
A signé un vitrail du XIXe siècle. |
Origine et histoire
L'église Saint-Lucien, située à Courcelles-sur-Viosne dans le Val-d'Oise, est un édifice catholique paroissial dont les origines remontent au XIIe siècle. Son clocher roman, construit vers 1120-1130, est l’un des éléments les plus anciens, avec une voûte d’ogives parmi les plus anciennes du département. La paroisse aurait été érigée en 1161, et l’église était initialement dédiée à saint Lucien, premier évêque de Beauvais martyrisé au IIIe siècle. Sous l’Ancien Régime, elle dépendait de l’archidiocèse de Rouen.
Au début du XIIIe siècle, le chœur roman fut remplacé par un chœur gothique à double vaisseau, une particularité rare dans la région. La nef fut également dédoublée, créant une église à double nef, configuration inhabituelle où les deux vaisseaux sont de hauteur identique. Le chœur, sobre à l’extérieur mais élégant à l’intérieur, présente des voûtes d’ogives et des chapiteaux sculptés typiques de la première période gothique. L’édifice fut classé monument historique en 1908, à l’exclusion de la nef.
L’église conserve des éléments remarquables comme la base du clocher, avec ses chapiteaux romans et ses voûtes d’ogives précoces, ainsi que des fenêtres en plein cintre et des arcades en tiers-point. Le mobilier inclut une Vierge à l’Enfant du XIVe siècle, classée monument historique, et des lustres en laiton doré. Aujourd’hui affiliée à la paroisse Avernes et Marines, l’église accueille des messes dominicales environ cinq fois par an.
À l’extérieur, le clocher se distingue par son étage de beffroi orné de bâtons brisés, un motif d’origine normande, et une flèche de pierre octogonale cantonnée de pyramidons. Les élévations latérales reflètent les deux phases de construction : le mur sud, plus ancien, présente un appareil irrégulier et des fenêtres en plein cintre, tandis que le mur nord, plus récent, est rythmé par des contreforts gothiques. Le porche, sans caractère architectural marqué, abrite une statue de la Vierge à l’Enfant offerte par une confrérie.
L’histoire de l’église est marquée par des modifications structurelles, comme l’ajout d’une seconde nef au nord et la transformation du chœur. Les vitraux, dont un représentant saint Lucien signé Charles Lévêque (XIXe siècle), et une plaque de fondation de 1639 rappellent les ajouts postérieurs. Malgré des restaurations partielles, certains éléments, comme la polychromie de la Vierge à l’Enfant, restent dégradés.
Classée pour son chœur et son clocher, l’église Saint-Lucien illustre l’évolution architecturale entre les périodes romane et gothique. Son plan dissymétrique et ses particularités, comme la chapelle enfeu ou les doubleaux longitudinaux, en font un témoignage unique du patrimoine religieux du Vexin français. Aujourd’hui propriété de la commune, elle reste un lieu de culte occasionnel et un monument emblématique de Courcelles-sur-Viosne.