Origine et histoire
L’église Saint-Lucien de Litz, située dans le département de l’Oise en région Hauts-de-France, est un édifice catholique paroissial dont les origines remontent au moins au XIIIe siècle. La nef, unique et non voûtée, s’inscrit dans la tradition romane tardive, tandis que le portail, dissimulé sous un porche moderne, date de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle. Les parties les plus anciennes, comme les murs ouest et nord de la base du clocher, pourraient même dater du XIe siècle, bien que remaniées. Ce clocher en charpente, typique de l’époque moderne, contraste avec le chœur imposant à double transept et abside à cinq pans, achevé en 1542. Ce dernier illustre la transition entre le style gothique flamboyant et la Renaissance, avec des détails architecturaux comme des culs-de-lampe sculptés et des voûtes à nervures complexes.
La reconstruction du chœur au XVIe siècle s’inscrit dans un mouvement régional de restauration des églises entre 1480 et 1550, financé en partie par le chapitre de la cathédrale de Beauvais, seigneur de Litz. Ce chapitre, collateur de la cure, a probablement contribué au financement des vitraux, dont trois sont encore partiellement conservés. L’intérieur de l’église se distingue par son mobilier complet, incluant une poutre de gloire du XVIIIe siècle, des statues populaires antérieures à la Révolution, et des boiseries du XVIIIe siècle récemment restaurées. L’édifice, inscrit monument historique en 2002, est aujourd’hui affilié à la paroisse Saint-Louis de Bresles et accueille des messes dominicales environ tous les deux mois.
L’église Saint-Lucien est dédiée à saint Lucien, premier évêque de Beauvais et martyr du IIIe siècle, un vocable souvent associé à des fondations anciennes dans la région. La nef, dépourvue de bas-côtés, présente des fenêtres ébrasées en arc légèrement brisé, typiques de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle. À l’extérieur, la façade occidentale et les élévations latérales, en moellons de silex, sont marquées par une simplicité sobre, tandis que le portail, bien que partiellement masqué par un porche moderne, arbore une archivolte torique et des colonnettes à chapiteaux sculptés. Les parties orientales, en pierre de taille, reflètent quant à elles une exécution soignée, avec des contreforts ornés de pinacles et de gâbles sculptés, caractéristiques de la fin du gothique flamboyant.
Le double transept, rare dans les églises rurales, et l’abside à cinq pans, éclairée par des fenêtres aux réseaux dépourvus de meneaux verticaux, témoignent d’une volonté de maximiser la lumière tout en adoptant des formes architecturales ambitieuses. Les voûtes du chœur, décorées de clés pendantes et de culs-de-lampe de style Renaissance, contrastent avec les nervures gothiques, créant un dialogue entre les deux styles. À l’intérieur, les collatéraux, voûtés à la même hauteur que le vaisseau central, forment un chœur-halle atypique, tandis que la base du clocher, intégrée au collatéral nord, conserve des traces romanes, comme deux petites fenêtres en plein cintre.
Le mobilier de l’église, particulièrement riche, comprend des statues en bois polychrome des XVIe et XVIIIe siècles, comme une Vierge à l’Enfant et un saint Éloi, ainsi que des retables baroques, dont celui de sainte Anne, provenant du prieuré de Wariville. Les vitraux du XIXe siècle, signés J.E. Roussel, représentent des scènes religieuses comme la Sainte Famille ou saint Remi de Reims. Classée monument historique en 2002, l’église Saint-Lucien incarne à la fois l’héritage médiéval et les évolutions artistiques de la Renaissance, tout en restant un lieu de culte actif au cœur du village de Litz.