Origine et histoire de l'Église Saint-Maclou de Mantes
L’église Saint-Maclou de Mantes, située à Mantes-la-Jolie (Île-de-France), fut initialement construite vers 1015 comme Hôtel-Dieu de la ville. Détruite en 1087 par Guillaume le Conquérant lors du sac de Mantes, elle fut reconstruite à la fin du XIe ou au début du XIIe siècle. Dédiée à saint Maclou, elle devint l’une des trois paroisses de la ville, aux côtés de Sainte-Croix (Notre-Dame) et Saint-Pierre des faubourgs. Son histoire est marquée par des reconstructions successives, notamment après des incendies et des effondrements.
Au XVIe siècle, l’église connut d’importants travaux : le chœur fut refait et la tour, caractéristique de l’édifice actuel, fut construite. Cependant, la gestion financière défaillante de la paroisse pauvre entraîna un entretien négligé. Dès la fin du XVIe siècle, des signes de dégradation apparurent, aboutissant à l’effondrement du chœur en 1693. Grâce à un don privé, il fut reconstruit, mais l’église resta dans un état précaire. En 1715, les paroisses de Saint-Maclou et Sainte-Croix furent redessinées géographiquement, mettant fin à une division par statut social.
La Révolution française marqua un tournant : la paroisse fut supprimée en 1791, et l’église, désaffectée, devint brièvement un temple de la Raison en l’an III. Bien que prévue pour la démolition, la tour fut sauvée in extremis par la Commission des arts en 1794. Vendue à des particuliers en l’an VI, l’église fut partiellement démolie en 1806, ne laissant que la tour et un pan de façade. Entre 1810 et 1828, la municipalité acquit le terrain pour élargir une rue, rasant les derniers vestiges.
La tour, classée monument historique en 1908, subit de nombreuses restaurations aux XIXe et XXe siècles, notamment après les bombardements de 1944. Aujourd’hui, il ne reste que cette tour du XVIe siècle, un mur roman de deux arcades, et la crypte de l’église primitive. La façade, bien que remaniée, conserve des éléments d’origine. L’édifice illustre ainsi les aléas d’un patrimoine religieux et urbain, entre destructions, reconstructions et préservations.
Architecturalement, l’église primitive était romane, tandis que la version post-XVIe siècle présentait une nef simple de cinq travées avec bas-côtés, un chœur entouré de chapelles, et un transept asymétrique. La tour, édifiée sur le bas-côté sud, repose sur des piliers quadrilobés datés de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle. Ses trois niveaux, surmontés d’une terrasse accessible par un escalier en vis, en font un exemple remarquable de l’art gothique flamboyant.
Les sources historiques soulignent aussi son rôle central dans la vie mantaise : lieu de culte, mais aussi espace lié au marché et aux activités urbaines. Son déclin reflète les difficultés financières de la paroisse, tandis que sa préservation partielle témoigne des efforts tardifs pour sauver un patrimoine menacé par les besoins modernes et les conflits.