Église Saint-Majan de Villemagne-l'Argentière dans l'Hérault

Patrimoine classé Patrimoine religieux Architecture gothique rayonnant

Église Saint-Majan de Villemagne-l'Argentière

  • Place Saint-Majan
  • 34600 Villemagne-l'Argentière
Église Saint-Majan de Villemagne-lArgentière
Église Saint-Majan de Villemagne-lArgentière
Église Saint-Majan de Villemagne-lArgentière
Église Saint-Majan de Villemagne-lArgentière
Église Saint-Majan de Villemagne-lArgentière
Église Saint-Majan de Villemagne-lArgentière
Église Saint-Majan de Villemagne-lArgentière
Crédit photo : Fagairolles 34 - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
800
900
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
817
Première mention abbatiale
893
Changement de dédicace
XIIe siècle
Construction initiale
XIIIe siècle
Élargissement de la nef
XIVe siècle
Reconstruction inachevée
1562
Pillage par les huguenots
1661
Retour des moines
1791
Vente comme bien national
1820
Rachat par la commune
1921
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise paroissiale Saint-Majan : classement par arrêté du 16 mars 1921

Personnages clés

Clarinus Fondateur légendaire de l'abbaye selon des traditions non prouvées.
Vénérand Premier abbé connu de l'abbaye.
Victor Dupont Architecte responsable de la restauration du XIXe siècle.

Origine et histoire de l'Église Saint-Majan

L'église Saint-Majan de Villemagne-l'Argentière, dans l'Hérault, est l'ancien édifice abbatial d'une abbaye mentionnée dès 817 dans la liste des monastères impériaux. L'origine de l'abbaye reste inconnue et des traditions, sans preuves, attribuent sa fondation à Clarinus. D'abord dédiée à saint Martin, elle prit la dédicace de saint Majan en 893 après le transfert de reliques opéré par deux moines ; le premier abbé connu se nomme Vénérand. L'abbaye prospéra aux Xe et siècles suivants grâce à des dons de reliques et à sa proximité de la Via Tolosana, qui attira des pèlerins. Une première église fut bâtie au XIIe siècle avec une tour-clocher défensive ; la nef unique fut élargie au XIIIe siècle et, au siècle suivant, l'abside à sept pans et ses cinq chapelles furent élevées. Les moines entreprirent une reconstruction au XIVe siècle mais l'édifice resta inachevé, la façade se résumant à un simple mur. Le chevet comporte cinq chapelles dont les fenêtres à meneaux éclairent le chœur ; leurs voûtes arrivent à la même hauteur que les formerets des grandes voûtes et les nervures retombent sur des colonnettes aux chapiteaux sculptés de figures humaines ou animales. Le clocher, roman sur presque toute sa hauteur, est le seul vestige de l'église primitive ; à l'extérieur, de grands arcs formant mâchicoulis reliaient les sommets des contreforts. Pour se défendre des routiers et des compagnies du prince Noir, les religieux bouchèrent les baies jusqu'au larmier médian et bâtirent des arcs brisés portant un parapet crénelé en avant d'un chemin de ronde, dispositif comparable à celui de Saint-Nazaire à Béziers. La richesse tirée des mines d'argent assura la prospérité de l'abbaye jusqu'en 1560, mais en 1562 elle fut prise par les huguenots qui pillèrent le monastère, brûlèrent les archives et détruisirent des bâtiments, entraînant la ruine et la désertion des moines. Ceux-ci se réfugièrent à Saint-Maur près de Paris et ne revinrent qu'en 1661 ; en 1638 un devis de restauration proposait de clore l'église au droit du clocher par un mur pignon et de couvrir en pierre plutôt qu'en bois. L'abbaye rejoignit la congrégation de Saint-Maur en 1663 ; deux travées de la nef et l'abside furent restaurées, une nouvelle façade ferma l'ouest de l'église et les bâtiments monastiques furent reconstruits aux XVIIe et XVIIIe siècles. À la Révolution, l'abbaye fut vendue comme bien national le 27 mai 1791 et l'église accueillit une verrerie dont l'activité porta atteinte à l'édifice. Pour la protéger des crues du torrent de la Mare, le sol de l'église fut rehaussé pendant le Premier Empire ; les fouilles montrent que le sol primitif se trouve 2,06 m sous le niveau actuel. Après la crue de 1818, l'église Saint-Grégoire fut abandonnée et, en 1820, la commune racheta Saint-Majan pour en faire l'église paroissiale. L'édifice est classé au titre des monuments historiques depuis 1921.

Liens externes