Frise chronologique
XIe siècle (début)
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (début) (≈ 1115)
Nef à quatre travées et collatéraux étroits.
Fin XIe - début XIIe siècle
Renforts architecturaux
Renforts architecturaux
Fin XIe - début XIIe siècle (≈ 1225)
Façade épaissie, piliers consolidés, baies élargies.
XIIe siècle
Prolongement collatéral nord
Prolongement collatéral nord
XIIe siècle (≈ 1250)
Extension vers le chœur.
XIIIe siècle
Prolongement collatéral sud
Prolongement collatéral sud
XIIIe siècle (≈ 1350)
Agrandissement vers l’est.
XVIIIe siècle
Reconstruction des murs extérieurs
Reconstruction des murs extérieurs
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Collatéraux reconstruits à l’identique.
1868-1874
Construction du clocher
Construction du clocher
1868-1874 (≈ 1871)
Par M. Jollivet de Tressaint (plans M. Ramard).
1881-1884
Rebâtissage bas-côtés, chœur, transept
Rebâtissage bas-côtés, chœur, transept
1881-1884 (≈ 1883)
Plans de M. Maignan, conflit avec Monuments Historiques.
1889
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1889 (≈ 1889)
Protection des éléments romans conservés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. A 718) : classement par liste de 1889
Personnages clés
| M. Jollivet de Tressaint - Constructeur |
Réalisateur du clocher (1868-1874). |
| M. Ramard - Architecte |
Auteur des plans du clocher. |
| M. Maignan - Architecte |
Plans des reconstructions (1881-1884). |
| MM. Ruprich-Robert et Corroyer - Représentants Monuments Historiques |
Opposants aux destructions lors des travaux. |
| Abbé Anger - Curé d’Yvignac |
En conflit avec les Monuments Historiques. |
| A. Laigneau - Artisan verrier |
Auteur des vitraux du chœur (1883). |
Origine et histoire
L'église Saint-Malo d'Yvignac-la-Tour, située dans les Côtes-d'Armor en Bretagne, trouve ses origines au XIe siècle, comme en témoignent les motifs ornant les bases des piles de la nef. À cette époque, la nef comptait quatre travées bordées de collatéraux étroits, tandis qu’un mur diaphragme séparait le chœur, surmonté d’un clocher. L’édifice initial se terminait par un chevet droit. Entre la fin du XIe et le début du XIIe siècle, des renforcements architecturaux furent apportés : épaississement de la façade, encadrement du portail, consolidation des piliers par des pilastres et colonnes adossées, et élargissement des baies. Les collatéraux furent prolongés vers le chœur, au XIIe siècle pour le nord et au XIIIe siècle pour le sud.
Entre le XIIe et le XVIIIe siècle, l’église ne connut aucune modification majeure. Au XVIIIe siècle, les murs extérieurs des collatéraux furent reconstruits à l’identique. Le XIXe siècle marqua un remaniement complet : le clocher fut érigé entre 1868 et 1874 par M. Jollivet de Tressaint (d’après les plans de M. Ramard, pour 36 000 francs), tandis que les bas-côtés, le chœur et le transept furent rebâtis de 1881 à 1884 selon les plans de M. Maignan. Ce chantier donna lieu à un conflit entre les Monuments Historiques (représentés par MM. Ruprich-Robert et Corroyer) et l’abbé Anger, aboutissant à la conservation des éléments romans les plus remarquables, comme les quatre travées de la nef et leurs chapiteaux, ainsi que la partie centrale de la façade. L’édifice fut classé Monument Historique en 1889.
De l’église primitive subsistent aujourd’hui les arcades et chapiteaux romans de la nef, ainsi que le portail occidental du XIe ou XIIe siècle. Les chapiteaux, datés du XIIe siècle, représentent des visages, des animaux, des personnages entiers et quelques scènes historiées. L’influence anglo-normande se devine dans l’animation murale complexe, avec des colonnes engagées et des moulures arrondies. Le chevet du XIe ou XIIe siècle, les collatéraux nord (XIIe) et sud (XIIIe), ainsi que la sacristie (XVIIIe) disparurent lors des reconstructions du XIXe siècle. Le chœur abrite des vitraux signés A. Laigneau (1883), tandis que l’architecture intérieure révèle des détails rares, comme un chapiteau inversé sculpté d’une figure féminine évoquant les Sheelas-na-gig irlandaises.