Origine et histoire de l'Église Saint-Malo
L'église Saint-Malo de Valognes se dresse dans la commune de Valognes, dans le département de la Manche en Normandie. Elle est classée au titre des monuments historiques par arrêté du 5 août 1920. L'édifice a été élevé sur les ruines de la chapelle ducale Sainte-Marie, construite au XIe siècle par Guillaume le Conquérant, puis reconstruit à partir de 1420 pendant la guerre de Cent Ans, les travaux s'étendant jusqu'au début du XVIe siècle. En 1530, Simon Le Febvre est attesté comme maître des écoles de Valognes puis, à partir de 1547, comme chapelain d'une des chapelles de Saint-Malo ; en 1532 est fondée la chapelle de la confrérie du Saint-Sépulcre, à laquelle fut admis Jean Le Fèvre de Haupitois (1577-1641). En 1580 l'église est érigée en collégiale pour douze chanoines et deux maîtres d'école, privilège révoqué en 1698 par le Parlement de Rouen. L'édifice a été sérieusement endommagé lors des bombardements de juin 1944. De la construction datée entre 1430 et 1540, la nef du XVe siècle et le dôme central de style byzantin, œuvre de Richard Gobey au début du XVIIe siècle, ont entièrement disparu. Seuls ont pu être restaurés une partie du côté droit du croisillon et le chevet gothique flamboyant ; le chœur rayonnant avait été édifié par la riche bourgeoisie marchande sous le règne réparateur de Louis XI. Le porche du portail occidental, lui aussi détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, était l'un des premiers témoignages de la Renaissance en Cotentin : il présentait un pilier central annelé orné d'écailles, des voûtes en croisées d'ogives et un arc en accolade, avec des tympans sculptés représentant « deux éléphants portant deux châteaux et l'arbre généalogique de la Vierge », motifs partiellement endommagés lors des guerres de Religion. Insérée sur un mur extérieur, une pierre tombale armoriée porte les armes de Pierre Le Roux, écuyer, sieur de Giberpray, mort le 1er mai 1739, ainsi que la mention de R. Françoise Grip de Savigny. Les études bibliographiques décrivent l'état de l'église et de son mobilier avant les destructions des 6, 7 et 8 juin 1944 ; la nef, ses bas-côtés, la tour-lanterne et son dôme avaient alors disparu. Après la Seconde Guerre mondiale, le service des monuments historiques décida de restaurer le chœur en respectant les contraintes archéologiques et historiques et de reconstruire la nef en utilisant des techniques contemporaines ; l'église fut rouverte au culte le 27 décembre 1964. L'orgue, construit en 1969 par la manufacture Beuchet-Debierre, n'est plus entretenu par un facteur d'orgues depuis 2018, nécessite une restauration complète et est muet depuis 2023. Le mobilier comprend notamment une statue de saint Jean-Baptiste par Roland Guillaumel et, dans le baptistère, une fresque de l'Assomption de la Vierge ainsi qu'une peinture à l'huile sur bois représentant le Baptême du Christ par Lucien Jeay (1911-1997). Jean-Charles Lepigeon (vers 1667-1747), maire de Valognes et lieutenant au bailliage de Cotentin, fut inhumé dans le chœur de l'église.