Frise chronologique
vers 1060
Première mention indirecte
Première mention indirecte
vers 1060 (≈ 1060)
Transport du buste de saint Mamet à Nogaro.
1115
Bulle papale de Pascal II
Bulle papale de Pascal II
1115 (≈ 1115)
Confirmation des possessions clunisiennes à Saint-Orens d’Auch.
dernier quart du XIe siècle
Construction du chœur
Construction du chœur
dernier quart du XIe siècle (≈ 1150)
Attribuée par Marcel Durliat, plan original à absides cloisonnées.
XVIe–XVIIe siècles
Reconstruction du collatéral Nord
Reconstruction du collatéral Nord
XVIe–XVIIe siècles (≈ 1750)
Après les guerres de religion, modification de la nef.
1759
Date gravée sur un contrefort
Date gravée sur un contrefort
1759 (≈ 1759)
Chapelle septentrionale, preuve de travaux.
1883–1885
Rénovations majeures
Rénovations majeures
1883–1885 (≈ 1884)
Fausse voûte en plâtre, coupoles ovoïdes, destruction des anciennes coupoles.
29 mars 1972
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
29 mars 1972 (≈ 1972)
Protection de l’édifice et de son mobilier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Mamet (cad. F 84) : classement par arrêté du 29 mars 1972
Personnages clés
| Pape Pascal II - Autorité religieuse |
Confirme les possessions clunisiennes en 1115. |
| Roger de Montaut - Prieur de Saint-Orens d’Auch |
Destinataire de la bulle papale de 1115. |
| Paul Deschamps - Historien de l’art |
Rattache les inscriptions à la période carolingienne. |
| Marcel Durliat - Archéologue et historien |
Date le chœur du XIe siècle, analyse les chapiteaux. |
| Georges Gaillard - Spécialiste des techniques de taille |
Étudie la *taille en gouttière* des décors. |
Origine et histoire
L’église Saint-Mamet de Peyrusse-Grande est un ancien prieuré clunisien mentionné dès 1115 dans une bulle papale de Pascal II confirmant les possessions du prieuré de Saint-Orens d’Auch. Son existence avant 1060 est suggérée par des sources évoquant le transport du buste de saint Mamet à Nogaro. Ce prieuré s’inscrit dans le réseau des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle organisé par Cluny. Deux inscriptions dédicatoires, aux caractères rares, datent probablement de la transition carolingienne (fin IXe–Xe siècle), bien que le chœur soit attribué au dernier quart du XIe siècle par Marcel Durliat.
L’architecture romane d’origine comprenait un chevet à trois absides cloisonnées (chœur et chapelles latérales), un transept non saillant, et une nef unique dont il ne reste que les piliers. Les murs de la nef furent démolis pour créer des collatéraux : celui du Sud réutilisa des murs du prieuré, tandis que le Nord fut reconstruit après les guerres de religion (XVIe–XVIIe siècles). Le transept fut prolongé par une chapelle et une sacristie, avec des modifications majeures au XIXe siècle : fausse voûte en plâtre (1883), coupoles ovoïdes (1884), et destruction des coupoles des chapelles en 1885.
Le chevet, d’inspiration orientale, présente un plan original avec trois éléments séparés (chœur et chapelles) voûtés en cul-de-four, refaits maladroitement vers 1850. Les fenêtres d’origine, aujourd’hui bouchées, suggèrent une abside plus écrasée, permettant une salle au-dessus du chœur. Les décors extérieurs (entrelacs, palmettes) et intérieurs (chapiteaux géométriques) révèlent des influences carolingiennes, pré-romanes, et clunisiennes, comparables à des églises du Sud-Ouest comme Bougneau ou Saint-Thomas-de-Conac. Ces similitudes stylistiques s’expliquent par leur rattachement à l’ordre de Cluny et la mobilité des artisans.
Classée Monument Historique en 1972, l’église conserve un mobilier référencé (tableaux, reliquaire) et illustre les échanges artistiques médiévaux entre la Gascogne, le Languedoc, et l’Espagne. Les chapiteaux, inspirés de modèles italiens ou espagnols, diffusés en Occitanie au XIe siècle, mêlent motifs paléochrétiens (colombes affrontées) et techniques locales comme la taille en gouttière. Les modifications ultérieures (XVIe–XIXe siècles) reflètent les adaptations liturgiques et les dégâts des conflits religieux.
Les sources historiques manquent pour retracer précisément les origines, mais l’analyse architecturale et épigraphique permet de dater les phases majeures. Les études de Marcel Durliat et Paul Deschamps soulignent son rôle dans le pèlerinage compostellan et son héritage artistique hybride, entre traditions carolingiennes et innovations romanes. La protection au titre des Monuments Historiques vise à préserver ce témoignage rare de l’art religieux médiéval en Gascogne.