Frise chronologique
1070
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1070 (≈ 1070)
Par Robert d'Aubigny, compagnon de Guillaume le Conquérant.
XIIe siècle (2e moitié)
Croisée du transept
Croisée du transept
XIIe siècle (2e moitié) (≈ 1250)
Partie romane la plus ancienne conservée.
milieu XIIIe siècle
Construction de la nef
Construction de la nef
milieu XIIIe siècle (≈ 1350)
Style gothique, collatéraux ajoutés ensuite.
fin XIIIe–début XIVe siècle
Édification du chœur et clocher
Édification du chœur et clocher
fin XIIIe–début XIVe siècle (≈ 1425)
Agrandissement des fenêtres et portail occidental.
1944
Dégâts de la Seconde Guerre mondiale
Dégâts de la Seconde Guerre mondiale
1944 (≈ 1944)
Voûtes et toiture endommagées, peintures redécouvertes.
14 octobre 1946
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
14 octobre 1946 (≈ 1946)
Protection totale de l'édifice.
15 septembre 1953
Classement des peintures murales
Classement des peintures murales
15 septembre 1953 (≈ 1953)
Scènes du XIVe siècle protégées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 14 octobre 1946 ; Peintures murales du XIVe siècle représentant le Massacre des Innocents et la Présentation au Temple qui décorent les tympans surmontant les grandes arcades et les voûtains du choeur de l'église : classement par arrêté du 15 septembre 1953
Personnages clés
| Robert d'Aubigny - Fondateur du prieuré |
Compagnon de Guillaume le Conquérant en 1070. |
| Guillaume le Conquérant - Duc de Normandie |
Lié à Robert d'Aubigny, fondateur. |
| Eudes Rigaud - Archevêque de Rouen |
Visites critiques en 1256 et 1266. |
| Saint Manvieu - Évêque de Bayeux |
Saint patron de l'église représenté. |
| Saint Jouvin - Moine-bâtisseur |
Légende locale illustrée dans les fresques. |
Origine et histoire
L'église Saint-Manvieu de Marchésieux, située dans le département de la Manche en Normandie, est un édifice catholique des XIIIe et XIVe siècles, marqué par une riche histoire monastique. Fondé en 1070 par Robert d'Aubigny, compagnon de Guillaume le Conquérant, le prieuré fut donné à l'abbaye bénédictine de Cormery. L'église actuelle conserve des éléments romanes (croisée du transept, XIIe siècle) et gothiques (nef et chœur, XIIIe–XIVe siècles), avec des modifications ultérieures comme le clocher et les fenêtres agrandies.
Les peintures murales du XIVe siècle, redécouvertes en 1947, illustrent des scènes bibliques (l'Enfance du Christ, la Cène) et des légendes locales (saint Manvieu, saint Jouvin). Ces fresques, classées Monuments Historiques en 1953, comptent parmi les ensembles les plus remarquables de la Manche. Les clefs de voûte sculptées, inspirées de l'Anjou, et les statues (sainte Marguerite, saint Manvieu) témoignent d’influences artistiques variées.
L'édifice, endommagé lors de la Seconde Guerre mondiale (voûtes crevées, toiture éventrée), fut restauré au XXe siècle. Les visites épiscopales des XVIIe et XVIIIe siècles révèlent des périodes d’abandon puis de réhabilitation. Aujourd’hui protégée en totalité, l’église abrite aussi un mobilier classé, comme un aigle-lutrin du XVIIIe siècle et des fonts baptismaux du XVIIe.
Architecturalement, l’église allie une nef aveugle à cinq travées, un transept surmonté d’un clocher en bâtière, et un chœur à chevet plat. Les bases romanes des piles contrastent avec les ajouts gothiques, reflétant une évolution stylistique sur plusieurs siècles. Les peintures, organisées en registres aux fonds bleus et rouges, mêlent dynamisme narratif et finesse des drapés, typiques de l’art médiéval normand.
Dépendante de l’abbaye de Cormery, l’église illustre les liens entre la Normandie et la Touraine. Son histoire reflète aussi les défis des communautés monastiques, comme en témoignent les visites de l’archevêque Eudes Rigaud (1256, 1266), critiquant la discipline relâchée des moines. Ces éléments en font un monument clé pour comprendre le patrimoine religieux et artistique de la région.