Frise chronologique
IVe ou Ve siècle
Fondation de la première cathédrale
Fondation de la première cathédrale
IVe ou Ve siècle (≈ 550)
Première église corse dédiée à Saint-Marcel.
IXe siècle
Reprise aux Barbaresques
Reprise aux Barbaresques
IXe siècle (≈ 950)
Légende attribuée à Ugo Colonna.
XVe siècle
Construction de l'édifice actuel
Construction de l'édifice actuel
XVe siècle (≈ 1550)
Réutilisation de pierres romaines.
1886
Construction du clocher
Construction du clocher
1886 (≈ 1886)
Ajout majeur à l'architecture.
15 janvier 1987
Classement Monument historique
Classement Monument historique
15 janvier 1987 (≈ 1987)
Protection de l'église et de son mobilier.
23 octobre 1989
Classement du tableau *Saint Marcel*
Classement du tableau *Saint Marcel*
23 octobre 1989 (≈ 1989)
Peinture du XVIIe siècle protégée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise paroissiale (cad. D 44) : inscription par arrêté du 15 janvier 1987
Personnages clés
| Ugo Colonna - Guerrier légendaire |
Aurait repris l’église aux Barbaresques (IXe siècle). |
| Jérôme Carcopino - Historien et archéologue |
Fouilles du site antique voisin (XXe siècle). |
| Jean et Laurence Jehasse - Archéologues |
Études de la nécropole préromaine d’Aléria. |
Origine et histoire
L’église San Marcellu (Saint-Marcel) d’Aléria, probablement construite au IVe ou Ve siècle sur l’emplacement de la première cathédrale de Corse, fut détruite et reconstruite à plusieurs reprises. Selon la légende, Ugo Colonna l’aurait reprise aux Barbaresques au IXe siècle. Les pierres romaines de la ville antique, située à proximité, furent réutilisées pour ses fondations. L’édifice actuel, érigé principalement au XVe siècle, subit des remaniements majeurs aux XVIIe et XXe siècles, notamment avec l’ajout d’un clocher en 1886.
La façade antérieure, structurée en trois niveaux séparés par des corniches et couronnée d’un fronton triangulaire, est rythmée par des pilastres plats. Elle s’ouvre sur une nef centrale flanquée de deux collatéraux étroits, séparés par des arcades. Le chœur, peu profond, est délimité par une balustrade. L’ensemble est couvert d’une toiture en pyramidon. L’église, classée Monument historique en 1987, abrite un tableau du XVIIe siècle représentant Saint Marcel entre deux martyrs, classé à son tour en 1989.
Située dans la plaine orientale de Corse, près des vestiges antiques d’Aléria, cette église incarne les strates historiques de la région : de la cité grecque d’Alalia (VIe siècle av. J.-C.) à la colonie romaine, puis aux conflits médiévaux et modernes. Son rôle religieux fut central, notamment comme siège épiscopal jusqu’au XVIIIe siècle, avant que les évêques ne résident à Cervione. Les remaniements des XVIIe et XXe siècles reflètent les adaptations successives, liées aux bouleversements politiques et sociaux de la Corse, dont les événements d’Aléria en 1975, marquant un tournant nationaliste.
Le site environnant, riche en vestiges archéologiques (nécropole préromaine, thermes de Santa Laurina, fort de Matra), souligne l’importance stratégique d’Aléria, ancienne capitale romaine de l’île. L’église, par sa persistance et ses transformations, témoigne de la résilience d’un lieu de culte au cœur d’une histoire mouvementée, entre conquêtes, abandon (dû au paludisme), et renaissance agricole au XXe siècle après l’assainissement de la plaine par les Américains pendant la Seconde Guerre mondiale.