Frise chronologique
XIIe siècle
Construction de l'église
Construction de l'église
XIIe siècle (≈ 1250)
Édification du bâtiment roman original.
18 avril 1932
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
18 avril 1932 (≈ 1932)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 18 avril 1932
Personnages clés
| Moines de l'abbaye d'Aubazine - Occupants du porche-logement |
Utilisaient les pièces aménagées. |
Origine et histoire
L'église Saint-Marcel de Lagraulière, édifiée au XIIe siècle en Corrèze, présente un plan architectural typique de l'art roman limousin : une nef unique voûtée en berceau (remplacée ultérieurement par un plafond en bois), un transept asymétrique et une abside en cul-de-four. La croisée du transept, soutenue par des piliers carrés ornés de colonnes demi-cylindriques, est surmontée d'une coupole sphérique originale, percée de huit arcatures en tiers-point évoquant des baies aveuglées. Ce dispositif, rare dans la région, suggère une volonté d'éclairer symboliquement la voûte.
Le porche occidental, voûté en berceau et surmonté d'une tour carrée, abritait autrefois des moines de l'abbaye d'Aubazine. Ses faces intérieures sont ornées de doubles arcatures en plein-cintre, agrémentées de chapiteaux sculptés et de trois bas-reliefs allégoriques : au nord, la mort du mauvais riche sur son lit de souffrance ; au sud, l'avare tourmenté par un démon et un jeune homme ployant sous un poisson géant. Ces représentations, inspirées des vices monastiques (avarice et luxure), trouvent un écho direct avec les sculptures du porche de l'abbaye de Moissac, soulignant des liens iconographiques entre les deux édifices.
Classée Monument Historique en 1932, l'église illustre l'influence des ateliers monastiques dans la diffusion des motifs roman. Les bas-reliefs, par leur thématique moralisatrice, visaient à rappeler aux fidèles et aux moines les dangers des péchés capitaux, dans un contexte où l'Église cherchait à renforcer son contrôle spirituel sur les populations rurales. La tour-clocher carrée, typique de l'architecture limousine, et les pièces aménagées pour les moines témoignent également du rôle multifonctionnel de ces édifices au Moyen Âge.
La nef, bien que modifiée, conserve des traces de sa voûte d'origine en berceau, tandis que le croisillon nord du transept a préservé sa disposition primitive. La calotte elliptique de la croisée, avec ses pendentifs, révèle une maîtrise géométrique remarquable pour l'époque. Ces éléments, combinés aux décors sculptés, font de Saint-Marcel un exemple significatif du roman corrèzien, marqué par des emprunts aux grands centres artistiques comme Moissac.