Frise chronologique
IXe siècle
Possession épiscopale
Possession épiscopale
IXe siècle (≈ 950)
L’évêque de Nevers acquiert le fief de Primeriacum.
1173
Charte de fortification
Charte de fortification
1173 (≈ 1173)
Autorisation donnée par le comte Guy à l’évêque Bernard.
1196
Fondation du collège de chanoines
Fondation du collège de chanoines
1196 (≈ 1196)
Neuf clercs pourvus de prébendes par l’évêque Jean Ier.
début XIIIe siècle
Début de la construction
Début de la construction
début XIIIe siècle (≈ 1304)
Lancement des travaux de l’édifice actuel.
1466
Mort de Nicolas Appleine
Mort de Nicolas Appleine
1466 (≈ 1466)
Chanoine enterré dans le chœur, objet d’un culte.
1483
Érection d’un autel
Érection d’un autel
1483 (≈ 1483)
Ordonnance de l’évêque Pierre de Fontenay pour Nicolas Appleine.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Protection de l’édifice par l’État français.
1995
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1995 (≈ 1995)
Découverte de sarcophages mérovingiens près de l’église.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Jean Ier (évêque de Nevers) - Fondateur du collège de chanoines |
Inhuma en 1196 dans le chœur. |
| Nicolas Appleine - Chanoine vénéré |
Objet d’un culte posthume et de miracles. |
| Louis XI - Roi de France |
Promut le culte de Nicolas Appleine. |
| Pierre de Fontenay (évêque de Nevers) - Promoteur du culte d’Appleine |
Ordonna l’érection d’un autel en 1483. |
| Eustache de Chéry (évêque de Nevers) - Responsable d’un transfert de reliques |
Fit déposer les ossements d’Appleine en 1646. |
| Antoine Laisné - Doyen de la collégiale |
Demanda un nouveau lieu pour les reliques en 1731. |
Origine et histoire
L'église Saint-Marcel de Prémery, située dans le département de la Nièvre en Bourgogne-Franche-Comté, est une ancienne collégiale gothique construite au début du XIIIe siècle, avec des ajouts des XIVe et XVIe siècles. Elle se distingue par son unité architecturale et ses proportions harmonieuses, bien que dépourvue de transept et de triforium. Implantée au cœur de l’ancien bourg épiscopal, elle était le centre d’un collège de chanoines fondé vers 1196 par l’évêque Jean Ier, qui y fut inhumé.
Les origines de l’édifice remontent à une charte de 1173 autorisant la fortification du bourg par l’évêque Bernard de Saint-Saulge, accélérant la présence épiscopale. La construction actuelle débuta autour de 1196, remplaçant probablement un lieu de culte roman attesté par un chapiteau du XIe ou XIIe siècle. Le chapitre de chanoines, mentionné dans divers documents des XIIIe et XIVe siècles, bénéficia de donations et fut marqué par des conflits internes, comme en 1265, où l’évêque Robert de Marzy jugea un différend.
Au XVe siècle, l’église devint un lieu de dévotion autour de Nicolas Appleine, chanoine mort en 1466 et réputé pour ses miracles. Louis XI, informé de sa sainteté, fit ériger un autel en son honneur en 1483 et établit une confrérie. Les ossements d’Appleine, transférés à plusieurs reprises, furent finalement placés dans la sacristie en 1731. L’église, classée Monument Historique dès 1840, conserve des éléments mobiliers remarquables, comme une pietà du XVe siècle et des sarcophages mérovingiens découverts lors de fouilles en 1995.
L’architecture de l’église reflète deux campagnes de construction distinctes : le chevet, construit au début du XIIIe siècle, présente une ordonnance à deux étages avec des arcatures et des fenêtres étroites, tandis que la nef, achevée plus tard, montre des influences bourguignonnes. Les fouilles archéologiques ont révélé des sépultures mérovingiennes et un ancien cimetière près du clocher, confirmant l’importance historique du site.
Aujourd’hui, l’église Saint-Marcel, ouverte sur demande, abrite un mobilier classé, dont des tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles et un bénitier en fonte. Son clocher, sa façade sobre et son intérieur massif en font un exemple caractéristique du gothique provincial, marqué par la solidité plutôt que par l’ornementation.
Le monument reste un témoignage majeur de l’histoire religieuse et épiscopale de la Nièvre, lié à la fois au pouvoir des évêques de Nevers et à la dévotion populaire, notamment autour de la figure de Nicolas Appleine, dont le culte perdura jusqu’à l’époque moderne.