Frise chronologique
vers 535
Mort de saint Marse
Mort de saint Marse
vers 535 (≈ 535)
Décès de l'ermite, futur patron de l'église.
1427
Transfert des reliques
Transfert des reliques
1427 (≈ 1427)
Reliques envoyées à Vitré pendant la guerre de Cent Ans.
1566
Construction du portail Renaissance
Construction du portail Renaissance
1566 (≈ 1566)
Portail classé en 1910, mélange iconographie profane et biblique.
27 avril 1794
Profanation révolutionnaire
Profanation révolutionnaire
27 avril 1794 (≈ 1794)
Reliques sauvées par une paroissienne.
1843
Restitution des reliques
Restitution des reliques
1843 (≈ 1843)
Retour définitif des ossements de saint Marse.
1910
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1910 (≈ 1910)
Protection du portail et de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La porte : classement par arrêté du 26 octobre 1910 - Les parties non classées de l'église, incluant la sacristie accolée au chevet, en totalité (cad. AB 177) : inscription par arrêté du 6 juillet 2006
Personnages clés
| Saint Marse (ou Mars) - Ermite et évêque de Nantes (VIe siècle) |
Patron de l'église, mort vers 535 à Bais. |
| Renée de Rieux - Noble convertie au protestantisme |
Influence possible sur l'iconographie du portail. |
| Abbé Perce - Ancien curé de Bais |
Offrit la statue de saint Paul pour le retable. |
| Architecte Crespel - Responsable des travaux du XIXe siècle |
Reconstruit chœur et transept en néogothique. |
| Mme Crublet - Paroissienne de Bais |
Sauva les reliques en 1794 pendant la Révolution. |
Origine et histoire
L'église Saint-Marse de Bais, située en Ille-et-Vilaine, est dédiée à saint Marse (ou Mars), un ermite breton du VIe siècle, disciple de saint Melaine et ancien évêque de Nantes. Né sur le territoire de la paroisse, il se retira à Bais après avoir renoncé à sa charge épiscopale, y mourant vers 535. Ses reliques, conservées dans l'église jusqu'en 1427, furent transférées à Vitré pendant la guerre de Cent Ans, puis partiellement restituées en 1750 et 1843. La tradition locale et les vitraux de l'église célèbrent sa vie légendaire, comme l'épisode des hosties transformées en serpent.
L'édifice actuel, classé monument historique en 1910, combine des éléments des XVe, XVIe et XIXe siècles. Le porche des malades (1582), le portail Renaissance (1566) et la nef gothique datent du XVIe siècle, tandis que le chœur et le transept, reconstruits en style néogothique flamboyant par l'architecte Crespel dans les années 1880, intègrent des éléments anciens réemployés. Le clocher, quant à lui, remonte au dernier quart du XVe siècle. À l'intérieur, un retable lavallois du XVIIe siècle, classé en 1974, domine le chœur, illustrant l'art de la Contre-Réforme.
Les vitraux du dernier quart du XIXe siècle, réalisés par les ateliers Lobin de Tours et Champigneulle de Paris, racontent en trois thèmes principaux : la vie de saint Marse et le culte de ses reliques (comme la restitution des ossements en 1843), des dévotions mariales et classiques (Apparitions de Lourdes, conversion de saint Paul), et des exercices de piété typiques de la fin du XIXe siècle. Dix de ces verrières sont classées depuis 1982.
L'église conserve aussi un bénitier octogonal et un monument aux morts de la Première Guerre mondiale, ajouté par les architectes Mellet et Coüasnon. Son histoire reflète les bouleversements religieux et politiques, de la profanation révolutionnaire de 1794 — où une paroissienne sauva les reliques — à la restauration du culte au XIXe siècle, en passant par les influences protestantes suggérées par l'iconographie du portail.
Le site, propriété de la commune, illustre l'évolution architecturale et spirituelle d'une paroisse bretonne, entre héritage médiéval, Renaissance et revitalisation néogothique. Son retable, ses vitraux et son porche des malades en font un témoignage remarquable du patrimoine religieux d'Ille-et-Vilaine.