Frise chronologique
848
Donation à Saint-Martial de Limoges
Donation à Saint-Martial de Limoges
848 (≈ 848)
Charte de cession par David et Bénédicte sous Charles le Chauve.
849
Destruction par les Normands
Destruction par les Normands
849 (≈ 849)
Abbaye pillée, moines exilés en Rouergue.
991
Bénédiction de l’église par Frotaire
Bénédiction de l’église par Frotaire
991 (≈ 991)
Privilège d’exemption accordé par l’évêque de Périgueux.
XIIe siècle
Reconstruction romane
Reconstruction romane
XIIe siècle (≈ 1250)
Chœur, transept et clocher-porche édifiés.
1304
Visite de Bertrand de Got
Visite de Bertrand de Got
1304 (≈ 1304)
Archevêque de Bordeaux (futur pape Clément V).
XIVe-XVe siècles
Reconstruction après la guerre de Cent Ans
Reconstruction après la guerre de Cent Ans
XIVe-XVe siècles (≈ 1550)
Nef refaite, contreforts ajoutés.
1790
Saccage révolutionnaire
Saccage révolutionnaire
1790 (≈ 1790)
Bancs brûlés, biens confisqués.
1956
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1956 (≈ 1956)
Protection officielle de l’église et de ses abords.
Années 1970-1990
Restaurations majeures
Restaurations majeures
Années 1970-1990 (≈ 1980)
Voûtes de nef refaites, toit consolidé.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. B 459) : classement par arrêté du 9 juillet 1956 ; Les terrains situés aux abords de l'église, tels qu'ils sont délimités par un trait rouge sur le plan annexé à l'arrêté (cad. B 461 à 464, 720, 11, 12, 15, 16, 465, 466, 467, 485, 486) : inscription par arrêté du 12 mars 1959
Personnages clés
| Saint Cybard - Fondateur légendaire (VIe siècle) |
Aura donné le monastère à Saint-Martial de Limoges. |
| David et Bénédicte - Donateurs (848) |
Cédèrent Paunat à Saint-Martial par charte. |
| Frotaire de Gourdon - Évêque de Périgueux (fin Xe siècle) |
Reconstruisit l’abbaye après les Normands. |
| Geoffroy Morcelli - Prévôt (XIVe siècle) |
Témoigna des destructions pendant la guerre de Cent Ans. |
| Bertrand de Got - Archevêque de Bordeaux (1304) |
Futur pape Clément V, visita Paunat. |
| Jacques de Lasserre - Prévôt (fin XVIIe-début XVIIIe) |
Unit Paunat au séminaire de Périgueux en 1702. |
Origine et histoire
L’église Saint-Martial de Paunat, située dans le département de la Dordogne, est l’ancienne abbatiale d’une des plus vieilles abbayes bénédictines du Périgord. Fondée selon la tradition au VIe siècle par saint Cybard, elle fut rattachée très tôt à l’abbaye Saint-Martial de Limoges. Les documents de fondation originaux ayant disparu, les premières sources fiables remontent à une charte de donation de 848, où le monastère est cédé à Saint-Martial par David et son épouse Bénédicte. Cette abbaye, détruite par les Normands vers 849, fut restaurée sous l’impulsion de l’évêque Frotaire de Périgueux à la fin du IXe siècle, avant d’être à nouveau prospère aux Xe et XIe siècles.
Au XIIe siècle, l’église fut reconstruite dans un style roman, avec un clocher-porche massif inspiré de celui de la cathédrale Saint-Étienne de Périgueux. Le chœur, voûté d’ogives de style angevin, et le transept furent ajoutés peu après. La nef, détruite pendant la guerre de Cent Ans, fut reconstruite au XVe siècle avec des contreforts renforcés, tandis que les voûtes actuelles en brique datent du XIXe siècle. L’abbaye, convertie en prévôté, souffrit des guerres de Religion au XVIe siècle, perdant une partie de ses revenus et subissant des pillages, notamment par les seigneurs protestants de Limeuil.
Classée Monument historique en 1956, l’église a fait l’objet de restaurations majeures aux XXe et XXIe siècles, notamment la réfection des voûtes de la nef et la consolidation du clocher. Son architecture défensive, avec une chambre de refuge au-dessus du chœur, reflète les troubles de la région. Aujourd’hui, elle conserve des éléments remarquables comme son clocher-porche à coupole unique en Périgord, son transept du XIIe siècle et un chevet rectangulaire voûté d’ogives. Les bâtiments monastiques, en revanche, ont entièrement disparu, ne laissant que des traces sur les murs extérieurs.
La tradition locale et les sources médiévales évoquent des liens étroits avec saint Junien, dont la tombe était vénérée dans l’église au Xe siècle. Au fil des siècles, l’abbaye de Paunat, bien que déclinante à partir du XVIIe siècle, resta un lieu de culte actif, malgré les destructions révolutionnaires de 1790. Les fouilles et restaurations modernes ont permis de mettre en valeur son patrimoine architectural, mêlant influences romanes, gothiques et défensives, caractéristique du Périgord noir.
Les archives mentionnent plusieurs prévôts influents, comme Geoffroy Morcelli, qui tenta de sauver le monastère pendant la guerre de Cent Ans, ou Jacques de Lasserre, qui l’unit au grand séminaire de Périgueux en 1702. Les visites épiscopales, comme celle de Bertrand de Got en 1304, soulignent son importance religieuse. Aujourd’hui, l’église, propriété communale, attire pour son histoire monastique, son clocher roman exceptionnel et ses voûtes restaurées, témoignant de près de douze siècles de vie spirituelle et communautaire.
Les dimensions imposantes de l’édifice (46 m de long, nef de 22 m) et sa coupole culminant à 18,50 m en font un exemple majeur de l’architecture religieuse périgourdine. Les contreforts plats, les murs en pierre d’appareil et les modifications successives (fenêtres percées au XIXe siècle, voûtes en brique) illustrent son évolution au gré des conflits et des besoins liturgiques. Classée et protégée, elle reste un symbole du patrimoine médiéval et Renaissance de la Nouvelle-Aquitaine.