Frise chronologique
début XIIe siècle
Construction de la nef
Construction de la nef
début XIIe siècle (≈ 1204)
Nef romane en moellons enduits
1531–1532
Construction du chœur
Construction du chœur
1531–1532 (≈ 1532)
Chœur gothique voûté d’ogives
2 avril 1791
Fermeture révolutionnaire
Fermeture révolutionnaire
2 avril 1791 (≈ 1791)
Devenue bien national ensuite
13 août 1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
13 août 1791 (≈ 1791)
Achetée par Étienne Hivard
13 juin 1927
Inscription aux Monuments historiques
Inscription aux Monuments historiques
13 juin 1927 (≈ 1927)
Protection du patrimoine
années 1970
Conversion en tribunal
Conversion en tribunal
années 1970 (≈ 1970)
Restauration par Maurice Berry
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Martin-au-Parvis (ancienne) : inscription par arrêté du 13 juin 1927
Personnages clés
| Philibert de Brichanteau - Personnalité inhumée temporairement |
Corps exposé avant funérailles |
| Cardinal de Rochechouart - Personnalité inhumée temporairement |
Corps exposé dans l’église |
| Jean d'Estrées - Personnalité liée à l’église |
Cœur conservé avant inhumation |
| Étienne Hivard - Acquéreur révolutionnaire |
Transforma l’église en hôtel |
| Maurice Berry - Architecte des Monuments historiques |
Restaura l’église en 1970 |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin-au-Parvis de Laon, édifiée aux XIIe et XIIIe siècles dans le département de l’Aisne, est un témoignage architectural hybride. Sa nef, datée du début du XIIe siècle, contraste avec son chœur gothique surélevé, construit en 1531–1532 et éclairé par des baies à meneaux et une rosace quadrilobée. Proche de la cathédrale, elle servait de lieu d’exposition pour les dépouilles de personnalités avant leurs funérailles, comme celles de Philibert de Brichanteau ou du cardinal de Rochechouart. Paroisse modeste, elle souffrait d’un manque de moyens, poussant l’évêque à solliciter en 1526 la confrérie Sainte-Anne pour financer des objets liturgiques et des réparations.
L’histoire de l’église bascula avec la Révolution : fermée le 2 avril 1791, elle fut vendue comme bien national le 13 août de la même année à Étienne Hivard, qui la convertit en hôtel (le Petit-Saint-Martin), puis en salle de bal. Au XXe siècle, son intérieur fut aménagé en tribunal des Prud’hommes dans les années 1970, après une restauration supervisée par l’architecte des Monuments historiques Maurice Berry. Classée à l’inventaire en 1927, elle illustre les mutations fonctionnelles des édifices religieux, passant du culte à des usages profanes.
D’un point de vue architectural, l’église révèle une hétérogénéité marquée : la nef romane, en moellons enduits et couverte de tuiles plates, s’oppose au chœur du XVIe siècle, voûté d’ogives et couvert d’ardoises. L’élévation occidentale, en opus spicatum, fut repercée au XVIIIe siècle pour y ajouter une rose et un portail. Ces transformations successives reflètent les adaptations du bâtiment aux besoins changeants de la société, tout en conservant des traces de son passé médiéval et moderne.