Origine et histoire de l'Église Saint-Martin-au-Val
L'église Saint-Martin-au-Val, située dans l'ancien hôpital Saint-Brice à Chartres (Eure-et-Loir), s'inscrit dans un vaste sanctuaire gallo-romain de six hectares, fouillé depuis 2006. Elle fut l’un des lieux d’inhumation traditionnels des évêques de Chartres, aux côtés de l’église Saint-Pierre. Son histoire remonte à une église conventuelle plus ancienne, attestée par des sarcophages mérovingiens et un chapiteau conservé dans la crypte. Le monastère, cité pour la première fois dans la Vie de saint Lubin (où le saint fut inhumé), fut rattaché en 1128 à l’abbaye de Marmoutier de Tours, devenant ainsi un prieuré.
Au XVIe siècle, l’église et son couvent subirent de graves destructions : incendiés en 1568 par les calvinistes, puis pillés lors du siège de Chartres en 1591. Les sépultures et tombeaux furent profanés, et les bâtiments conventuels ravagés. Une restauration majeure eut lieu en 1648, amputant la nef de plusieurs travées (20 mètres en moins). En 1663, l’ensemble fut acquis par les capucins de Chartres, qui rehaussèrent le sol de l’église de 2 mètres et reconstruisirent les bâtiments conventuels. Sous la Révolution, le couvent devint un hospice, et l’église, sa chapelle.
Le XIXe siècle marqua un tournant avec le legs de Ferdinand de Reverdy en 1845, imposant une restauration « dans son état primitif ». Entre 1858 et 1864, la façade fut reconstruite, les sols rabaissés, et les absidioles restaurées. Ces travaux s’appuyèrent sur des fouilles préventives (1858-1862) révélant dix sarcophages mérovingiens, témoignages d’une occupation ancienne. Classée monument historique en 1886, l’église abrite aussi une statue de saint Sébastien protégée. Aujourd’hui, après des fouilles récentes (2013-2014), elle est en cours de restauration pour une réouverture prévue à Noël 2025.
Le site comprend un cimetière clos, à l’est, honorant des bienfaiteurs comme Ferdinand de Reverdy (1796-1852), Marie-Charlotte Midy (1767-1834), ou le père Pierre Louis Bordier, célébré pour son engagement auprès des orphelins et des sœurs de Saint-Paul. L’église, de plan roman (50 m de long, 1 420 m2), conserve une nef raccourcie, un chœur surélevé, et un déambulatoire abaissé. Sa façade occidentale, datée du XIXe siècle, est flanquée de deux tours.
Les fouilles archéologiques ont confirmé l’importance du site, mêlant strates gallo-romaines, mérovingiennes, et médiévales. Le sanctuaire, fouillé depuis 2006, révèle une occupation continue depuis l’Antiquité. Bien que le culte n’y soit plus célébré en raison des travaux, l’église reste propriété communale et protégée. Son histoire reflète les bouleversements religieux (guerres de Religion, Révolution) et les restaurations successives, tout en préservant des traces rares de la période mérovingienne à Chartres.