Frise chronologique
1071
Première mention de l’église
Première mention de l’église
1071 (≈ 1071)
Attestation d’un édifice antérieur cédé à Saint-Denis.
1160-1170
Construction du vaisseau central
Construction du vaisseau central
1160-1170 (≈ 1165)
Partie la plus ancienne, style roman-gothique.
Années 1220
Achèvement du collatéral nord
Achèvement du collatéral nord
Années 1220 (≈ 1220)
Ajout des chapelles latérales et clés tournantes.
1480-1540
Reconstruction du beffroi
Reconstruction du beffroi
1480-1540 (≈ 1510)
Étage flamboyant ajouté au clocher.
23 décembre 1931
Classement aux Monuments Historiques
Classement aux Monuments Historiques
23 décembre 1931 (≈ 1931)
Protection des parties orientales de l’église.
1966
Rattachement au diocèse de Pontoise
Rattachement au diocèse de Pontoise
1966 (≈ 1966)
Création du département du Val-d’Oise.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les deux travées de l'ancien choeur avec leurs bas-côtés intérieur et extérieur : classement par arrêté du 23 décembre 1931
Personnages clés
| Jean d’Ivry - Archevêque de Rouen (1071) |
Cède l’église à l’abbaye de Saint-Denis. |
| Suger - Abbé de Saint-Denis (1138) |
Confirme les dîmes d’Ableiges à Saint-Denis. |
| Hugues III d’Amiens - Archevêque de Rouen (1157) |
Ratifie la possession de l’église par Saint-Denis. |
| Innocent III - Pape (bulle de 1198) |
Confirme les droits de Saint-Denis sur Ableiges. |
| Bernard Duhamel - Historien de l’art (XXe siècle) |
A étudié les clochers romans du Vexin. |
| Gilles V Marie de Maupeou - Comte d’Ableiges (mort en 1745) |
Pierre tombale conservée dans l’église. |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin d’Ableiges, située dans le Val-d’Oise en Île-de-France, remplace probablement un premier édifice attesté dès 1071. Sa construction s’échelonne entre la seconde moitié du XIIe siècle et le XIIIe siècle, avec trois campagnes distinctes visibles dans la sculpture des chapiteaux et les voûtes. Le vaisseau central, d’allure romane avec un clocher et des arcs-doubleaux, date des années 1160-1170, tandis que les collatéraux sud et nord, plus récents, furent ajoutés respectivement vers 1200 et dans les années 1220. L’intérieur, marqué par une architecture gothique précoce, révèle des influences stylistiques locales, notamment dans les chapiteaux inspirés de la flore humide.
L’église fut affiliée à l’abbaye de Saint-Denis dès 1071, comme en témoignent des archives mentionnant des dîmes et des confirmations papales au XIIe siècle. Sous l’Ancien Régime, elle dépendait du doyenné de Meulan et de l’archidiocèse de Rouen. Le chœur-halle, caractéristique rare dans le Vexin, se compose de six travées réparties sur trois vaisseaux, avec un chevet plat. Les parties orientales, classées monuments historiques en 1931, contrastent avec la nef et le porche du XVIIIe siècle, jugés sans caractère et exclus de la protection.
Le clocher, à deux étages, mêle un style roman dans sa partie inférieure (années 1170) et un étage de beffroi flamboyant (1480-1540), reflétant les remaniements successifs. Les élévations extérieures, sobrement traitées, incluent des contreforts et des lancettes géminées au chevet, typiques de la transition romane-gothique. À l’intérieur, les voûtes d’ogives, les chapiteaux sculptés de feuilles et les clés de voûte ornées (comme la rosace de feuillages « tournante » des années 1220) soulignent la richesse artistique de l’édifice.
L’église conserve un mobilier remarquable, dont une Vierge à l’Enfant du XIVe siècle classée monument historique, et un retable baroque représentant saint Martin partageant son manteau. Aujourd’hui affiliée à la paroisse Avernes et Marines, elle accueille des messes dominicales environ quatre fois par an. Son histoire reflète les liens étroits entre les abbayes locales (comme Saint-Denis) et les paroisses rurales du Vexin, ainsi que les transformations liturgiques et architecturales survenues entre le Moyen Âge et l’époque moderne.
Les sources archéologiques et historiques, comme les travaux de Bernard Duhamel, confirment que la construction fut menée par étapes selon un plan initial cohérent. Les indices d’une nef voûtée antérieure, comme les colonnettes inutilisées près de l’arc triomphal, suggèrent des remaniements avant le XVIIIe siècle. Malgré des restaurations et des altérations (notamment pendant la guerre de Cent Ans), l’église reste un témoignage précieux de l’art religieux médiéval en Île-de-France.