Frise chronologique
1858
Décision de reconstruction
Décision de reconstruction
1858 (≈ 1858)
Démolition de l’ancienne église jugée vétuste.
25 mars 1862
Approbation des plans
Approbation des plans
25 mars 1862 (≈ 1862)
Plans de Viollet-le-Duc validés par la municipalité.
12 septembre 1863
Adjudication des travaux
Adjudication des travaux
12 septembre 1863 (≈ 1863)
Confiés à Pierre-Charles Sauvage sous direction de Lefort.
printemps 1865
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
printemps 1865 (≈ 1865)
Début officiel de la construction.
20 juin 1867
Achèvement des travaux
Achèvement des travaux
20 juin 1867 (≈ 1867)
Réception définitive de l’édifice.
2 octobre 1867
Consécration de l’église
Consécration de l’église
2 octobre 1867 (≈ 1867)
Intégration dans la paroisse locale.
1982
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1982 (≈ 1982)
Reconnaissance patrimoniale officielle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AC 36) : inscription par arrêté du 5 octobre 1982
Personnages clés
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte |
Concepteur des plans néo-gothiques de l’église. |
| Pierre-Charles Sauvage - Entrepreneur |
Responsable des travaux de maçonnerie (1863-1867). |
| Inspecteur Lefort - Directeur des travaux |
Supervisa la construction et restauration du palais synodal. |
| Henri Marquet - Sculpteur |
Réalisa les sculptures de l’église (Sens). |
| Henri Geschvind - Sculpteur |
Collabora aux travaux sculpturaux avec Marquet. |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin d’Aillant-sur-Tholon, située dans l’Yonne, fut construite entre 1863 et 1867 sous la direction d’Eugène Viollet-le-Duc, architecte emblématique du XIXe siècle. Elle remplace une ancienne église jugée vétuste et trop exiguë par la municipalité en 1858. Viollet-le-Duc adapta son plan à l’exiguïté de la place en orientant le chœur à l’ouest et en élargissant la nef au détriment de sa longueur. Le clocher-porche, rejeté sur le côté droit, fait face à l’hôtel de ville, conférant à l’édifice une originalité architecturale marquée.
La nef, à trois vaisseaux voûtés d’ogives et bordée de bas-côtés, présente une élévation à trois niveaux : grandes arcades brisées, baies géminées en plein cintre, et fenêtres hautes. Le transept non saillant et le chœur à cinq pans, flanqué de chapelles quadrangulaires, illustrent l’influence néo-gothique de Viollet-le-Duc. Les piles composées et les pilastres chanfreinés renforcent la structure, tandis que le dallage en pierre d’Anstrude et les baies en arcs brisés éclairent l’intérieur. L’édifice, inscrit aux monuments historiques en 1982, témoigne de l’ingéniosité de son architecte et de son intégration urbaine.
La construction débuta en 1864 après la démolition de l’ancienne église, avec une première pierre posée au printemps 1865. Les travaux, dirigés par l’inspecteur Lefort et adjugés à l’entrepreneur parisien Pierre-Charles Sauvage, s’achevèrent le 20 juin 1867. Les sculptures furent confiées à Henri Marquet et Henri Geschvind, tous deux basés à Sens. L’église fut consacrée le 2 octobre 1867, marquant son intégration définitive dans le paysage religieux local.
Viollet-le-Duc opta pour des solutions audacieuses, comme la coupolette du porche, la flèche polygonale en ardoise cantonnée d’échauguettes, et un escalier en vis demi-hors-œuvre desservant le clocher. Les réparations ultérieures, notamment après des dégâts causés par la foudre en 1897 et un orage en 1964, soulignent la vulnérabilité de l’édifice aux intempéries. Aujourd’hui, l’église reste un exemple majeur de l’architecture néo-gothique en Bourgogne-Franche-Comté, mêlant innovation structurelle et héritage médiéval.