Frise chronologique
1104
Première mention de la paroisse
Première mention de la paroisse
1104 (≈ 1104)
Donation à l'abbaye Saint-Martin de Pontoise.
XIe siècle
Construction de la nef
Construction de la nef
XIe siècle (≈ 1150)
Origines romanes avec fenêtres en plein cintre.
Début XIIIe siècle
Construction du chœur et transept
Construction du chœur et transept
Début XIIIe siècle (≈ 1304)
Style gothique pur avec voûtes d'ogives.
1505
Charpente lambrissée et bas-côtés
Charpente lambrissée et bas-côtés
1505 (≈ 1505)
Style gothique flamboyant, inscription datée.
1586
Ajout des chapelles latérales
Ajout des chapelles latérales
1586 (≈ 1586)
Style Renaissance, date gravée.
1876-1893
Décor néo-gothique par l'abbé Barret
Décor néo-gothique par l'abbé Barret
1876-1893 (≈ 1885)
Arcatures, statues, chemin de croix en terre cuite.
1982
Classement monument historique
Classement monument historique
1982 (≈ 1982)
Protection de l'édifice et de son décor.
2005
Restauration controversée des toitures
Restauration controversée des toitures
2005 (≈ 2005)
Suppression des balustrades flamboyantes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. F 472) : classement par arrêté du 2 février 1982
Personnages clés
| Ade de Moussy - Seigneur d'Amblainville |
Donateur de l'église à l'abbaye en 1104. |
| Abbé Eugène Barret - Curé d'Amblainville (1876-1893) |
Auteur du décor néo-gothique intérieur. |
| Joséphine Henriette Rousselle - Bienfaitrice (1812-1892) |
Financeuse majeure des restaurations. |
| Louis Graves - Historien local (XIXe siècle) |
Auteur de descriptions précises en 1837. |
| Catherine Rigollet - Historienne contemporaine |
Auteure d'une monographie en 2010. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin d'Amblainville, située dans l'Oise en région Hauts-de-France, trouve ses origines au moins au XIe siècle, époque supposée de la construction de sa nef. Cette dernière, bien que remaniée, conserve des traces romanes comme des fenêtres en plein cintre et des portions de mur en opus spicatum. La fondation de la paroisse est attestée en 1104, lorsque le seigneur Ade de Moussy la donne à l'abbaye Saint-Martin de Pontoise, marquant le début de son développement en tant qu'église paroissiale. Le transept et le chœur, de style gothique pur, datent du premier quart du XIIIe siècle et restent parmi les parties les plus authentiques de l'édifice.
Au XVIe siècle, l'église subit d'importantes transformations : la charpente lambrissée en carène renversée, datée de 1505, et le portail gothique flamboyant du second quart du siècle en témoignent. En 1586, deux chapelles latérales de style Renaissance sont ajoutées, enrichissant l'ensemble architectural. Ces chapelles abritent des éléments décoratifs remarquables, comme un bas-relief de l’Adoration des bergers et des tableaux de faïence du XIXe siècle. Le décor intérieur, profondément remanié à la fin du XIXe siècle par l'abbé Eugène Barret, intègre un programme iconographique néo-gothique, incluant un chemin de croix en bas-relief, des statues de personnages bibliques et des fausses voûtes d'ogives.
Classée monument historique en 1982, l'église a fait l'objet de restaurations partielles au XXIe siècle, notamment pour sa toiture et ses élévations extérieures. Malgré ces interventions, des éléments comme les balustrades flamboyantes des bas-côtés ont été supprimés en 2005, modifiant l'aspect extérieur. Le mobilier, incluant une Pietà classée du XVe-XVIe siècle et des créations néo-gothiques de l'abbé Barret, reflète les strates historiques de l'édifice. Aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-Martin de Méru-lès-Sablons, l'église accueille des offices occasionnels et reste un témoignage éclectique de l'évolution architecturale et artistique régionale.
L'église se distingue par son décor intérieur exubérant, voulu par l'abbé Barret (1876-1893), qui a superposé des arcatures plaquées, des statues et des bas-reliefs néo-gothiques aux structures médiévales. Ce décor, inscrit au titre objet en 1991, contraste avec la sobriété des parties orientales du XIIIe siècle, voûtées d'ogives et ornées de chapiteaux à feuilles d'acanthe ou de crochets. Les chapelles Renaissance, avec leurs voûtes à liernes et tiercerons, illustrent la transition entre gothique et Renaissance, tandis que la façade occidentale, marquée par un portail flamboyant et des niches latérales, témoigne de l'influence de cette période charnière.
Le site archéologique autour de l'église révèle une occupation ancienne, avec la découverte en 1835 de quatre-vingts sarcophages mérovingiens près de l'ancienne chapelle Saint-Pierre. Cette nécropole atteste d'une christianisation précoce du site, bien avant la première mention écrite de la paroisse en 1104. Les transformations successives, des origines romanes aux ajouts néo-gothiques, en font un édifice composite, où chaque époque a laissé une empreinte visible, malgré les controverses sur certaines restaurations, comme la suppression des balustrades flamboyantes en 2005 au nom d'une prétendue restitution de l'état du XVIe siècle.