Frise chronologique
IXe siècle
Arrivée des reliques de sainte Restitue
Arrivée des reliques de sainte Restitue
IXe siècle (≈ 950)
Début du pèlerinage après dépôt des reliques.
1130 (vers)
Construction du chevet primitif
Construction du chevet primitif
1130 (vers) (≈ 1130)
Datation estimée par Lefèvre-Pontalis pour la première phase.
XVIe siècle
Reconstruction par Montmorency
Reconstruction par Montmorency
XVIe siècle (≈ 1650)
Chœur et voûtes refaits par le connétable.
1914-1918
Dégâts pendant la Première Guerre
Dégâts pendant la Première Guerre
1914-1918 (≈ 1916)
Église endommagée durant le conflit.
1920
Classement monument historique
Classement monument historique
1920 (≈ 1920)
Protection officielle de l’édifice.
1955
Campagne majeure de restauration
Campagne majeure de restauration
1955 (≈ 1955)
Travaux post-guerre pour réparer les dégâts.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 10 janvier 1920
Personnages clés
| Pape Léon IV - Donateur des reliques |
Offrit les reliques de sainte Restitue au IXe. |
| Comte de Moreuil - Transport des reliques |
Déposa la châsse à Arcy en 800. |
| Innocent II - Pape confirmant les droits |
Valida ceux de l’abbaye en 1139. |
| Adrien IV - Pape confirmant les droits |
Réaffirma la possession en 1156. |
| Connétable de Montmorency - Reconstructeur du XVIe siècle |
Finança chœur et voûtes après achat d’Arcy. |
| Eugène Lefèvre-Pontalis - Historien et archiviste |
Data le chevet primitif vers 1130. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin d'Arcy-Sainte-Restitue trouve ses origines dans un contexte médiéval marqué par le culte de sainte Restitue. Au IXe siècle, le pape Léon IV offrit les reliques de cette sainte au comte de Moreuil, qui les déposa dans une chapelle à Arcy après qu’elles devinrent impossibles à déplacer en raison de miracles attribués à la sainte. Ce pèlerinage attira des revenus considérables, convoités au XIIe siècle par le seigneur d’Oulchy, avant que les droits de l’abbaye Saint-Jean-des-Vignes ne soient confirmés par les papes Innocent II (1139) et Adrien IV (1156).
La construction de l’église s’étale sur deux périodes majeures : le XIIe siècle, dont subsistent la nef et la première travée du chœur (datée vers 1130 par Eugène Lefèvre-Pontalis), et le XVIe siècle, où le connétable de Montmorency, seigneur de Fère, reconstruit le chœur et les voûtes après avoir acquis la terre d’Arcy. L’édifice, endommagé pendant la Première Guerre mondiale, fut restauré à plusieurs reprises, notamment en 1936 (remplacement de la rose Renaissance par une rose gothique), 1955 et 1977.
Classée monument historique en 1920, l’église abrite une châsse du XVIIe siècle dédiée à sainte Restitue, ainsi qu’une frise narrative sur le collatéral nord illustrant son histoire. Les revenus du pèlerinage, estimés à 6 000 livres à la Révolution, témoignent de son importance économique et spirituelle. Les campagnes de restauration modernes ont permis de préserver ce patrimoine mêlant influences romanes, gothiques et Renaissance, tout en intégrant des éléments liés à son passé tumultueux, comme les dégâts de 1914-1918.