Frise chronologique
1529
Consécration de l'église précédente
Consécration de l'église précédente
1529 (≈ 1529)
Dédiée par Gui de Montmirail, évêque de Mégare.
1570
Édifice menacé de ruine
Édifice menacé de ruine
1570 (≈ 1570)
Nécessite une reconstruction urgente.
1572
Début des travaux
Début des travaux
1572 (≈ 1572)
Dirigés par Nicolas de Saint-Michel.
9 septembre 1576
Consécration de l'église
Consécration de l'église
9 septembre 1576 (≈ 1576)
Célébrée par Henri le Meignen.
1817
Achèvement des voûtes
Achèvement des voûtes
1817 (≈ 1817)
Dernière phase de construction.
11 décembre 1912
Classement monument historique
Classement monument historique
11 décembre 1912 (≈ 1912)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 11 décembre 1912
Personnages clés
| Nicolas de Saint-Michel - Maître-maçon et architecte |
Conçoit l'église en 1572-1575. |
| Henri le Meignen - Évêque de Digne |
Consacre l'église en 1576. |
| Gui de Montmirail - Évêque in partibus de Mégare |
Consacre l'église précédente en 1529. |
| Philippe de Mézières - Seigneur d'Attainville (XIVe siècle) |
Rachète la seigneurie pour les Célestins. |
| Denis Tissier - Curé d'Attainville |
Participe à la décision de reconstruction. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin d'Attainville, située dans le Val-d'Oise, remplace un édifice antérieur consacré en 1529 mais menacé de ruine dès 1570. Malgré des finances limitées, la paroisse contracte un emprunt de 1 800 livres pour lancer les travaux en 1572 sous la direction du maître-maçon Nicolas de Saint-Michel. Ce dernier adopte un plan simple sans transept, combinant des éléments gothiques flamboyants avec un décor Renaissance soigné. Les travaux progressent rapidement, mais s'interrompent en 1575 faute de fonds, laissant l'édifice inachevé.
L'église est consacrée en septembre 1576 par Henri le Meignen, évêque de Digne, malgré l'absence de façade occidentale et de voûtes définitives. Les éléments manquants, comme l'étage de beffroi du clocher ou les voûtes de la nef, ne seront ajoutés qu'ultérieurement, jusqu'en 1817. L'homogénéité stylistique est préservée grâce au respect des motifs originaux, notamment les chapiteaux ioniques et doriques, les corniches à oves, et les clés de voûte ornées. L'édifice, classé monument historique en 1912, témoigne d'une construction exceptionnellement rapide pour l'époque.
L'histoire de l'église est liée aux Célestins de Paris, seigneurs d'Attainville depuis le XIVe siècle après son rachat par Philippe de Mézières. Ces religieux, présents jusqu'à la Révolution, financent partiellement la reconstruction. L'édifice actuel allie une nef aveugle à cinq travées, des bas-côtés lumineux, et une abside à pans coupés, le tout voûté d'ogives. Le clocher, achevé tardivement, arbore un style classique sobre, tandis que la façade occidentale, jugée « pauvre » par Charles Terrasse, contraste avec la richesse intérieure.
À l'intérieur, la sobriété des murs hauts de la nef met en valeur les chapiteaux sculptés, les entablements à frises doriques ou ioniques, et les voûtes à liernes. L'abside, probablement voûtée dès 1574, conserve un écusson martelé des Célestins. Les bas-côtés, aux fenêtres larges et aux voûtes en tiers-point, répètent les motifs décoratifs de la nef. Le mobilier comprend une statue de la Vierge du XVIe siècle, un aigle-lutrin des XVIIe–XVIIIe siècles, et une verrière en grisaille du dernier quart du XVIe siècle.
L'église, initialement rattachée au diocèse de Paris, passe sous celui de Versailles après la Révolution, puis à Pontoise en 1966. Aujourd'hui desservie par la paroisse de Domont, elle n'accueille des messes qu'une fois par mois. Son architecture, marquée par l'ingéniosité de Nicolas de Saint-Michel et la rapidité de sa construction, en fait un exemple rare d'église Renaissance en Pays de France, malgré ses ajouts postérieurs respectueux de l'esprit original.