Frise chronologique
XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (≈ 1150)
Édifice roman primitif du Vexin.
XVIIe siècle
Reconstruction majeure
Reconstruction majeure
XVIIe siècle (≈ 1750)
Structure actuelle et mobilier baroque.
1770 (vers)
Retable sculpté
Retable sculpté
1770 (vers) (≈ 1770)
Bas-relief des Saintes Femmes.
1781
Vente de la seigneurie
Vente de la seigneurie
1781 (≈ 1781)
Fin de la possession par les Conti.
2004
Inscription MH
Inscription MH
2004 (≈ 2004)
Protection de l'église et de la ferme.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. A 67) : inscription par arrêté du 7 juin 2004
Personnages clés
| Anne-Geneviève de Bourbon-Condé - Duchesse de Longueville |
Ancienne seigneuriale du village. |
| Princes de Conti - Derniers seigneurs (jusqu'en 1781) |
Propriétaires avant la Révolution. |
| Jean Patou - Couturier-parfumeur (1887–1936) |
Fils du directeur de chamoiserie locale. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin d'Énencourt-Léage, située dans le département de l'Oise en région Hauts-de-France, remonte au XIe siècle, bien que sa structure actuelle date majoritairement du XVIIe siècle. Elle conserve des vestiges de l'édifice roman originel, comme son plan typique des églises primitives du Vexin. Une particularité architecturale remarquable est son chœur, qui enjambe une rue du village par un passage voûté, reflétant une adaptation audacieuse à l'urbanisme local.
Le monument fut inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques en 2004 pour son intérêt patrimonial, incluant son mobilier exceptionnel : fonts baptismaux du XVIIe siècle, statues des XVIe–XVIIIe siècles, et un retable baroque (vers 1770) orné de bas-reliefs. La chapelle sépulcrale devant le porche rappelle l'histoire seigneuriale du lieu, liée aux fermiers devenus propriétaires à la fin de l'Ancien Régime.
Énencourt-Léage, village rural du Vexin français traversé par l'Aunette, fut une seigneurie successivment détenue par les familles de Fouilleuse, les Bourbon-Condé, puis les princes de Conti jusqu'en 1781. Au XIXe siècle, l'activité locale reposait sur des moulins, une chamoiserie, et une filature de coton, tandis que l'église restait un centre spirituel et communautaire. Son lavior couvert et son monument aux morts complètent ce patrimoine vernaculaire.
Les fouilles archéologiques ont révélé des traces d'occupation dès 2500 av. J.-C., attestant d'une histoire millénaire. Le toponyme Léage (du latin aquaticum) souligne son lien avec la vallée humide de l'Aunette, par opposition au village voisin d'Énencourt-le-Sec. Cette dualité géographique a marqué son développement, entre agriculture, artisanat et vie seigneuriale.
L'édifice illustre aussi l'évolution des pratiques religieuses locales, avec un mobilier liturgique préservé (lutrin, chaire, confessionnal du XVIIIe siècle) et des lambris caractéristiques. Son inscription en 2004 a permis de sauvegarder ce témoignage des transformations architecturales et sociales du Vexin, entre Moyen Âge et époque moderne.
Enfin, la commune, aujourd'hui rurale et attachée à l'aire d'attraction parisienne, conserve ce patrimoine comme mémoire de son passé industriel (dentelles noires pour Chantilly) et agricole. L'église, propriété communale, reste un symbole de la continuité historique entre les seigneurs d'autrefois et les habitants actuels.