Frise chronologique
990
Première mention écrite
Première mention écrite
990 (≈ 990)
Cartulaire de l’abbaye Saint-Cyprien de Poitiers.
1029
Donation aux moines
Donation aux moines
1029 (≈ 1029)
L’église passe à l’abbaye Saint-Jean-d’Angély.
XIIe siècle
Reconstruction romane
Reconstruction romane
XIIe siècle (≈ 1250)
Portail sculpté et base de la façade actuelle.
1293
Raid des corsaires
Raid des corsaires
1293 (≈ 1293)
Destruction partielle par des corsaires de Bayonne.
XIVe-XVe siècles
Fortification de l’église
Fortification de l’église
XIVe-XVe siècles (≈ 1550)
Transformation en forteresse pendant la guerre de Cent Ans.
1568
Pillage protestant
Pillage protestant
1568 (≈ 1568)
Église saccagée pendant les guerres de Religion.
1622
Ordre de destruction
Ordre de destruction
1622 (≈ 1622)
Décision du Conseil de La Rochelle, partiellement exécutée.
1629-1740
Reconstruction post-siège
Reconstruction post-siège
1629-1740 (≈ 1685)
Travaux après le siège de La Rochelle (1628).
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments historiques français.
1880-1996
Restaurations modernes
Restaurations modernes
1880-1996 (≈ 1938)
Travaux sur les remparts, vitraux et toiture.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Guillaume X - Duc d’Aquitaine |
Abandonne Esnandes à l’abbaye en 1137. |
| Catherine de Médicis - Reine de France |
Ordonne le massacre de la Saint-Barthélemy (1572). |
| Henri IV - Roi de France |
Édit de Nantes (1598) apaisant les tensions religieuses. |
| Louis XIII - Roi de France |
Conflit avec La Rochelle (siège de 1628). |
| Eugène Héraud et Joseph Philippon - Entrepreneurs rochelais |
Restauration de l’église au XIXe siècle. |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin d’Esnandes, mentionnée pour la première fois en 990 dans un cartulaire de l’abbaye Saint-Cyprien de Poitiers, devient en 1029 une dépendance de l’abbaye de Saint-Jean-d’Angély. Au XIIe siècle, des donations permettent sa reconstruction, marquée par un portail roman sculpté. L’édifice, situé en bordure du golfe des Pictons (actuel Marais poitevin), est alors un prieuré sous influence monastique.
Au XIVe et XVe siècles, face aux menaces anglaises pendant la guerre de Cent Ans et aux raids de corsaires (comme celui de 1293), l’église est transformée en forteresse. Ses murs sont épaissis jusqu’à 3 mètres, les baies obstruées, et un chemin de ronde crénelé est ajouté. Un fossé entoure l’édifice, faisant de cette église un bastion catholique stratégique contre les incursions protestantes ou anglaises, notamment pour protéger l’accès à La Rochelle.
Les guerres de Religion (XVIe siècle) marquent un tournant violent : en 1568, l’église est pillée par les protestants, puis en 1622, le Conseil de La Rochelle ordonne sa destruction, partiellement exécutée faute de moyens. La reconstruction débute dès 1629, avec des dates gravées sur les piliers (1629-1632) et le clocher (1633), utilisant parfois du bois d’épaves. Les voûtes sont refaites entre 1694 et 1720, et des restaurations majeures ont lieu au XIXe siècle (classement en 1840, travaux de 1880 à 1996).
L’architecture mêle aujourd’hui une façade romane du XIIe siècle, des fortifications médiévales (mâchicoulis, échauguettes), et un mobilier classé du XVIIIe siècle, comme une chaire de 1775. Le site offre une vue panoramique sur la baie de l’Aiguillon et le Marais poitevin, soulignant son rôle historique de surveillance et de résistance.
Le prieuré Saint-Martin, lié à l’abbaye de Saint-Jean-d’Angély, illustre les luttes de pouvoir entre catholiques et protestants, notamment pendant le siège de La Rochelle (1628). L’édifice, à la fois lieu de culte et place forte, incarne les tensions religieuses et militaires qui ont marqué l’Aunis et le Poitou du Moyen Âge à l’époque moderne.