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Église Saint-Martin d'Esquerdes dans le Pas-de-Calais

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise romane et gothique

Église Saint-Martin d'Esquerdes

    2-60 Place Jean Jaurès
    62380 Esquerdes
Propriété de la commune
Église Saint-Martin dEsquerdes
Église Saint-Martin dEsquerdes
Église Saint-Martin dEsquerdes
Église Saint-Martin dEsquerdes
Église Saint-Martin dEsquerdes
Église Saint-Martin dEsquerdes
Église Saint-Martin dEsquerdes
Église Saint-Martin dEsquerdes
Église Saint-Martin dEsquerdes
Église Saint-Martin dEsquerdes
Église Saint-Martin dEsquerdes
Crédit photo : CH'TI du 59153 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIe siècle
Début de la construction
Début XIIIe siècle
Allongement du sanctuaire
Première moitié du XIVe siècle
Chapelle funéraire ajoutée
1518
Don d'une cloche
Deuxième quart du XVIe siècle
Reconstruction de la nef
17 avril 1914
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise : classement par décret du 17 avril 1914

Personnages clés

Camille Enlart - Historien de l'art A étudié et documenté l'église en 1912-1913.
Antoine du Bois - Seigneur d'Esquerdes et évêque A offert une cloche en 1518.
Philippe de Crèvecœur - Seigneur d'Esquerdes (XVe siècle) Membre de la famille détentrice de la seigneurie.
Dame d'Esquerdes (non nommée) - Donatrice (XIVe siècle) A financé une chapelle pour son inhumation.

Origine et histoire

L'église Saint-Martin d'Esquerdes, située dans le département du Pas-de-Calais, est un édifice catholique dont la construction s'échelonne du XIIe au XVIIe siècle. À l'origine, elle se composait d'une nef simple sans voûte, d'une tour centrale octogonale à l'étage supérieur, d'un petit transept, et d'un chœur probablement voûté en berceau. L'abside, dont le plan exact reste incertain, aurait pu être semi-circulaire et voûtée en cul-de-four. Ces éléments initiaux reflètent une architecture sobre, typique des premières églises romanes de la région.

Au début du XIIIe siècle, le sanctuaire est allongé, et une flèche est ajoutée à la tour. Le chevet est modifié avec l'ajout d'une travée droite voûtée, probablement en berceau, et d'une petite abside à pans voûtée d'ogives. L'étage supérieur du clocher, initialement octogonal, est transformé en plan rectangulaire par l'ajout de quatre angles en maçonnerie, tout en conservant partiellement ses baies d'origine. Une flèche de pierre octogonale, entourée de quatre pyramides quadrangulaires, est érigée, nécessitant le renforcement des piliers et des arcs pour supporter ces nouvelles structures.

Dans la première moitié du XIVe siècle, des modifications majeures sont apportées après la demande d'une dame d'Esquerdes d'être inhumée dans l'église et d'y fonder une chapelle. Un tombeau est installé dans la paroi nord du chevet, tandis qu'une chapelle de trois travées voûtées d'ogives est accolée au sud. Le bras méridional du transept est également remanié. Ces transformations illustrent l'évolution des pratiques funéraires et religieuses de l'époque, ainsi que l'influence des donateurs locaux sur l'architecture ecclésiastique.

Au XVe siècle, la seigneurie d'Esquerdes est détenue par la famille de Crèvecœur, notamment Philippe de Crèvecœur. En 1518, Antoine du Bois, seigneur d'Esquerdes et évêque de Béziers, offre une cloche à l'église. Cependant, le village subit de nombreux dégâts au cours des conflits du XVIe siècle, notamment lors des invasions des troupes françaises, impériales et anglaises entre 1542 et 1544. Ces événements entraînent l'abandon temporaire du village et des travaux de réparation dans l'église, notamment la reconstruction de la nef au deuxième quart du XVIe siècle, couverte d'une charpente et d'un lambris. Les autels et retables, datant du XVIIe siècle, achèvent les principales transformations de l'édifice.

L'église Saint-Martin est classée au titre des monuments historiques le 17 avril 1914, reconnaissant ainsi sa valeur patrimoniale et architecturale. Les études menées par Camille Enlart au début du XXe siècle, publiées dans les Mémoires de la Société des antiquaires de la Morinie, fournissent une analyse détaillée de son évolution structurale, soulignant son importance dans l'histoire religieuse et architecturale de la région des Hauts-de-France.

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