Frise chronologique
1104
Fondation de l'église
Fondation de l'église
1104 (≈ 1104)
Paroisse créée sous dépendance religieuse partagée.
1553–1568
Reconstruction du XVIe siècle
Reconstruction du XVIe siècle
1553–1568 (≈ 1561)
Travaux confirmés par inscriptions sur chapelle et transept.
1693
Construction du clocher
Construction du clocher
1693 (≈ 1693)
Érigé à la croisée du transept.
1696
Portail classique refait
Portail classique refait
1696 (≈ 1696)
Façade occidentale restaurée en style classique.
1782
Incendie des voûtes
Incendie des voûtes
1782 (≈ 1782)
Nef reconstruite en plâtre après le sinistre.
1906
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1906 (≈ 1906)
Protection officielle de l’édifice et de son mobilier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 11 septembre 1906
Personnages clés
| Famille de Lorraine - Seigneurs d'Harbonnières |
Commanditaires de la reconstruction au XVIe siècle. |
| Louis-François-Gabriel d'Orléans de la Motte - Évêque d’Amiens (XVIIIe siècle) |
A surnommé l’église 'petite cathédrale du Santerre'. |
| Victor Gonzalez - Facteur d’orgues (XXe siècle) |
Restaura l’orgue dans les années 1920. |
| Alexis-Joseph Mazerolle - Peintre (XIXe siècle) |
Auteur de *La Résurrection* (1855) au maître-autel. |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin d’Harbonnières, située dans la Somme à 25 km d’Amiens, est fondée en 1104 sous la dépendance partagée du prieuré de Lihons-en-Santerre, de l’abbaye de Saint-Fuscien et du prieuré de Méricourt-sur-Somme. Aucune trace de l’édifice roman d’origine ne subsiste, mais son vocable dédié à saint Martin perdure. La reconstruction majeure intervient au XVIe siècle, comme en témoignent les dates de 1553 et 1568 gravées sur la chapelle méridionale et le transept sud, sous le patronage de la famille de Lorraine, seigneurs locaux depuis le XIVe siècle.
Au XVIIe siècle, l’église subit d’importantes restaurations : combles, charpentes, et portail occidental refait en style classique (1696). Le clocher, érigé en 1693 à la croisée du transept, couronne l’édifice. Un incendie ravage les voûtes de la nef en 1782, remplacées par des voûtes en plâtre. Vers 1840, le clocher est allégé pour préserver les piles du transept, fragilisées par son poids. Classée Monument Historique en 1906, l’église illustre la transition entre gothique flamboyant (nef) et Renaissance (chœur), avec un mobilier remarquable des XVIIe–XVIIIe siècles.
L’architecture combine une nef à cinq travées, un transept discret et un chœur polygonal, le tout en craie locale. La façade occidentale, datée de 1595, mêle rosace gothique et portail classique, tandis que la façade méridionale arbore un tympan sculpté des emblèmes des évangélistes. À l’intérieur, les chapiteaux évoluent des feuillages flamboyants aux motifs Renaissance, et le mobilier inclut une chaire du XVIIe siècle classée, des retables Louis XIV, et un orgue du XVIIIe siècle réutilisé. Le chœur, clos par des grilles de 1715, abrite un maître-autel doré surmonté d’une Résurrection peinte en 1855.
L’église doit son surnom de « petite cathédrale du Santerre » à sa taille exceptionnelle pour la région, soulignée par l’évêque d’Amiens au XVIIIe siècle. Son histoire reflète les influences successives des ordres religieux (Clunisiens, abbaye de Saint-Fuscien) et de l’aristocratie locale (famille de Lorraine), tout en portant les marques des aléas historiques, comme l’incendie de 1782. Aujourd’hui, elle reste un témoignage majeur du patrimoine religieux picard, ouvert au public et protégé pour son architecture et son mobilier.
Les éléments décoratifs intérieurs, comme les boiseries du XVIIIe siècle ou les statues des bas-côtés (Vierge à l’Enfant, Saint Sébastien), sont classés depuis 2003–2004. L’orgue, installé dans un buffet du XVIIIe siècle, provient initialement de la cathédrale d’Amiens et fut restauré par Victor Gonzalez dans les années 1920. Ces détails, joints à la structure architecturale hybride, font de Saint-Martin un monument emblématique des Hauts-de-France, à la croisée des époques médiévale, renaissante et classique.