Frise chronologique
XIe siècle (dernier quart) - XIIe siècle (début)
Construction des parties romanes
Construction des parties romanes
XIe siècle (dernier quart) - XIIe siècle (début) (≈ 1115)
Base du clocher et nef primitive édifiées.
Vers 1220-1230
Construction du chœur gothique
Construction du chœur gothique
Vers 1220-1230 (≈ 1225)
Deux travées voûtées d'ogives.
XIIIe siècle (dernier quart) - XIVe siècle (début)
Ajout de l'abside polygonale
Ajout de l'abside polygonale
XIIIe siècle (dernier quart) - XIVe siècle (début) (≈ 1315)
Style gothique rayonnant avancé.
XVIe siècle (milieu)
Prolongement de la nef
Prolongement de la nef
XVIe siècle (milieu) (≈ 1650)
Travée voûtée d'ogives, style Renaissance.
1793
Réquisition des cloches
Réquisition des cloches
1793 (≈ 1793)
Une cloche conservée pour le tocsin.
1897
Démolition de la flèche
Démolition de la flèche
1897 (≈ 1897)
Endommagée par la foudre, remplacée.
1926-1927
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1926-1927 (≈ 1927)
Abside et clocher classés en 1927.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise, sauf parties classées (cad. B 810) : inscription par arrêté du 4 juin 1926 ; Abside et clocher (cad. B 810) : classement par arrêté du 27 avril 1927
Personnages clés
| Antoine-Henri de Bérault-Bercastel - Curé d'Omerville (1758-1769) |
Auteur d'une *Histoire générale de l'Église*. |
| Marie de Trie - Dame d'Omerville (morte en 1525) |
Gisante du XIVe siècle réutilisée. |
| Jules Formigé - Architecte en chef (début XXe) |
Étudia l'église après 1905. |
| Impératrice Eugénie - Donatrice (1860) |
Offrit une châsse pour sainte Clotilde. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin d'Omerville, située dans le Val-d'Oise en Île-de-France, est un édifice religieux dont les parties les plus anciennes remontent au dernier quart du XIe siècle ou au début du XIIe siècle. Elle se singularise par son plan allongé à vaisseau unique, avec des travées de quatre époques différentes : romane (base du clocher et nef), gothique primitif (chœur du XIIIe siècle), gothique rayonnant (abside du XIIIe ou XIVe siècle), et Renaissance (nef prolongée au XVIe siècle). Son clocher roman, initialement surmonté d'une flèche de pierre démolie en 1905, domine un chœur de deux travées et une abside à pans coupés, reflétant les transitions stylistiques médiévales.
La fondation de la paroisse, dédiée à saint Martin de Tours, daterait de 1249. Sous l'Ancien Régime, Omerville dépendait du diocèse de Rouen, puis du diocèse de Versailles après la Révolution. L'église, classée monument historique en 1927, abrite des éléments remarquables comme une gisante du XIVe siècle, des fonts baptismaux de la Renaissance, et une croix de cimetière du XVIe siècle. Son mobilier inclut des statues des XIVe au XVIIe siècles, dont une Vierge à l'Enfant et un saint Roch, ainsi que des retables du XVIIIe siècle.
L'histoire de l'église est marquée par des campagnes de restauration, notamment après les dommages causés par la foudre en 1897, qui entraîna la démolition de la flèche. Les peintures murales médiévales, partiellement conservées, et les vitraux simplifiés lors de restaurations anciennes, témoignent de son riche passé. Aujourd'hui affiliée à la paroisse de Magny-en-Vexin, l'église n'est plus utilisée que ponctuellement pour des célébrations, mais reste un témoin architectural majeur du Vexin français.
Le site abrite également deux croix pattées, dont une ancienne borne de 52 cm de hauteur, initialement placée à la sortie du village. Ces croix, similaires à celles de Villers-en-Arthies et Saint-Gervais, rappellent les traditions locales et l'histoire religieuse de la région. La croix de l'ancien cimetière, classée en 1994, présente des motifs sculptés comme une Charité de Saint-Martin et des fleurs de lys, bien que partiellement dégradée.
L'architecture intérieure révèle une nef romane aux fenêtres étroites, un chœur gothique aux voûtes élégantes, et une abside aux réseaux de fenêtres refaits. Les chapiteaux, les formerets, et les contreforts extérieurs illustrent les évolutions stylistiques, du roman primitif au gothique flamboyant. Les polychromies médiévales, visibles sur les murs et les voûtes, ajoutent à la richesse historique de l'édifice.
Parmi les personnages notables liés à l'église, l'abbé Antoine-Henri de Bérault-Bercastel, curé d'Omerville de 1758 à 1769, est l'auteur d'une Histoire générale de l'Église en vingt-quatre volumes. La tradition locale vénérait particulièrement sainte Clotilde, épouse de Clovis, avec des célébrations comme le feu de la Sainte-Clothilde, une fête disparue sous l'Occupation. Ces éléments culturels et historiques font de l'église Saint-Martin un monument emblématique du patrimoine vexinois.