Origine et histoire de l'Église Saint-Martin
L'église Saint-Martin de Bézu-la-Forêt, située dans l'Eure en Normandie, est un édifice religieux dont la nef remonte au XIVe siècle. Des croisillons nord et sud furent ajoutés ultérieurement, tandis que la première moitié du XVIe siècle vit l'ajout d'un porche en charpente, d'un clocher, et d'éléments décoratifs comme des verrières et des boiseries. Une abside fut construite au XVIIIe siècle, et une sacristie en 1899.
En 1996, un cycle de peintures murales du premier quart du XVIe siècle, dédié à la Passion du Christ, fut redécouvert. Ces scènes, organisées en registres superposés, sont séparées par des colonnes et surmontées d'épisodes de l'Ancien Testament. Une autre peinture, représentant le Massacre des Innocents, a été partiellement dégagée dans la chapelle nord. Ces découvertes constituent un ensemble exceptionnel pour l'histoire de l'art religieux normand.
Un vitrail daté de 1537, fabriqué à la verrerie de la Fontaine-du-Houx, représente une Annonciation avec les effigies de Jean de Caqueray, écuyer, et de son épouse Bouju, agenouillés en prière. Leurs armoiries et une inscription gothique indiquent leur décès en mars 1537. Ce vitrail, de petites dimensions, est un témoignage rare de l'art verrier et de la dévotion aristocratique de l'époque.
L'église a été inscrite aux monuments historiques le 13 février 1928, puis classée en totalité par arrêté du 13 juin 2003. Ces protections soulignent son importance patrimoniale, tant pour son architecture que pour ses décors intérieurs, dont les peintures murales et le vitrail sont les joyaux.
La charpente intérieure, le lambris de couvrement en berceau brisé, et les vantaux de porte datent également du XVIe siècle, illustrant les techniques de construction et d'ornementation de la Renaissance. Le chœur, reconstruit au XVIIIe siècle, marque une évolution stylistique ultérieure, tandis que la sacristie, ajoutée en 1899, reflète des besoins liturgiques plus récents.
Le patronage de l'église était partagé entre le seigneur local et l'archevêque de Rouen, soulignant son ancrage dans les structures féodales et ecclésiastiques de la région. Aujourd'hui, le monument appartient à la commune de Bézu-la-Forêt et reste un témoignage majeur de l'histoire religieuse et artistique de la Normandie.