Frise chronologique
fin XVe – début XVIe siècle
Construction de la façade et base du clocher
Construction de la façade et base du clocher
fin XVe – début XVIe siècle (≈ 1625)
Style gothique flamboyant pur, contreforts partiels.
milieu du XVIe siècle
Édification de la nef et bas-côtés
Édification de la nef et bas-côtés
milieu du XVIe siècle (≈ 1650)
Mélange gothique flamboyant et Renaissance.
1789–1795
Démolition du transept et du chœur
Démolition du transept et du chœur
1789–1795 (≈ 1792)
Piliers et murs occidentaux conservés.
1804
Restauration et réouverture
Restauration et réouverture
1804 (≈ 1804)
Chevet plat reconstruit, fin de la fermeture révolutionnaire.
23 février 1951
Classement monument historique
Classement monument historique
23 février 1951 (≈ 1951)
Inscription par arrêté ministériel.
1979
Restauration du vitrail du chevet
Restauration du vitrail du chevet
1979 (≈ 1979)
Œuvre de Gustave Bourgeois à Paris.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Bouillant : inscription par arrêté du 23 février 1951
Personnages clés
| Antoine Mouton - Curé de Saint-Martin (mort en 1572) |
Dalle funéraire classée, transférée à Villeneuve-sur-Verberie. |
| Évêque de Senlis - Propriétaire de l’hôtel épiscopal adjacent |
L’église relevait directement de son autorité. |
| Louis Graves - Historien local (XIXe siècle) |
A décrit la statue de saint Guinefort et la fontaine fébrifuge. |
| Alfred Bourgeois - Médecin et historien (XIXe siècle) |
A étudié les vestiges du transept et les hauteurs des voûtes. |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin de Bouillant, située à Crépy-en-Valois dans l’Oise (Hauts-de-France), fut édifiée au milieu du XVIe siècle à l’emplacement d’un édifice plus ancien, bien que sa façade et la base du clocher datent de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle. Elle dépendait autrefois de l’évêque de Senlis, qui y possédait un hôtel épiscopal, et jouissait de privilèges ecclésiastiques rares, comme le titre de conseiller-né pour son curé. Son architecture hybride, combinant des influences gothiques flamboyantes (arcs brisés, voûtes ogivales) et Renaissance (chapiteaux doriques, clés de voûte sculptées), s’inspire partiellement des parties orientales de la basilique Saint-Denis. La nef, dépourvue de fenêtres hautes, repose sur des piliers innovants, cantonnés de fûts cylindriques et de pilastres adoucis, tandis que les bas-côtés présentent des culs-de-lampe décorés de motifs végétaux ou religieux (IHS, colombe du Saint-Esprit).
Sous la Rvolution française, le transept et le chœur furent démolis, ne laissant subsister que les murs occidentaux des croisillons et les piliers de la croisée. L’église, fermée au culte jusqu’en 1804, rouvrit après restauration, mais son clocher massif prévu ne fut jamais achevé, remplacé par une flèche en charpente. Classée monument historique en 1951, elle conserve des traces de son passé prestigieux, comme une dalle funéraire du curé Antoine Mouton (1572) aujourd’hui à Villeneuve-sur-Verberie, ou un Christ en croix des XVe–XVIe siècles, déposé au musée de Crépy-en-Valois. Son mobilier d’origine, incluant des statues de sainte Jeanne de Valois et d’un saint évêque (dit saint Guinefort), a largement disparu, à l’exception d’un vitrail du XIXe siècle représentant la Charité de saint Martin.
L’église, aujourd’hui affiliée à la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois, n’accueille que rarement des célébrations. Son plan rectangulaire, dépourvu de transept depuis 1789, comprend une nef de quatre travées flanquée de bas-côtés, tandis que le chevet plat, reconstruit en 1804, masque l’absence de l’abside d’origine. À l’extérieur, la façade occidentale, partiellement en pierre de taille, révèle des traces de remaniements (pignon surélevé, contreforts inachevés), et les élévations latérales montrent des fenêtres moulurées, plus généreuses au sud qu’au nord. Les vestiges des croisillons, avec leurs doubleaux bouchés et leurs chapiteaux aniconiques, rappellent l’ambition initiale de l’édifice, réduite par les aléas de l’Histoire.