Frise chronologique
XIIe siècle
Construction de l'église
Construction de l'église
XIIe siècle (≈ 1250)
Édifice roman avec abside et clocher
1557
Dalle funéraire de Jehan Mérast
Dalle funéraire de Jehan Mérast
1557 (≈ 1557)
Seigneur des Pisserolles inhumé ici
1642
Dalle funéraire d'Anne Thuret
Dalle funéraire d'Anne Thuret
1642 (≈ 1642)
Deuxième dalle classée dans l'église
17 mai 1921
Classement monument historique
Classement monument historique
17 mai 1921 (≈ 1921)
Protection intégrale de l'édifice
années 1930
Découverte de crânes néolithiques
Découverte de crânes néolithiques
années 1930 (≈ 1930)
Inhumation dans le cimetière actuel
2011
Destruction de tombes anciennes
Destruction de tombes anciennes
2011 (≈ 2011)
Procédure de reprise communale achevée
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 17 mai 1921
Personnages clés
| Jehan Mérast - Seigneur des Pisserolles |
Inhumé sous une dalle de 1557 |
| Anne Thuret - Défunte de 1642 |
Dalle funéraire classée dans l'église |
| Clotaire Ier - Roi mérovingien (hypothèse) |
Lié à une *villa* supposée sous l'église |
| Fernand Pinal - Peintre post-impressionniste |
A représenté l'église en eau-forte |
| Jean-Marie Petit - Photographe |
A décrit l'abside comme « ravissante » |
| Bernard Ancien - Historien local |
Évoque les crânes néolithiques de Breny |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin de Breny, construite au XIIe siècle, est un rare exemple d’architecture romane dans l’Aisne, classée monument historique depuis 1921. Son abside semi-circulaire, couverte de lauzes, et son clocher aux pignons « à pas de moineau » (ou redents) en font un édifice atypique : cette caractéristique, fréquente dans l’habitat local, n’est présente que dans seize églises de la région. Les redents de Breny, très érodés, témoignent pourtant d’une tradition architecturale ancienne, partagée avec l’église Saint-Pierre de Bitry, autre exemple mérovingien.
À l’intérieur, deux dalles funéraires classées attirent l’attention : l’une, datée de 1557, abrite les restes de Jehan Mérast, seigneur des Pisserolles, et de son épouse (inscription partiellement effacée) ; l’autre, dédiée à Anne Thuret (1642), illustre l’usage funéraire de l’édifice. Le dallage, situé 40 cm sous le niveau du sol extérieur, suggère une fondation ancienne, peut-être liée aux substructures d’une villa mérovingienne attribuée à Clotaire Ier, fils de Clovis, selon certaines hypothèses non confirmées.
Le site domine la vallée de l’Ourcq, sur une terrasse abritant le cimetière villageois. Jusqu’en 2011, celui-ci conservait des tombes centenaires, dont celle d’un « consul de Portugal à Bahia », détruites lors d’une procédure de reprise communale initiée en 2005. Une découverte fortuite dans les années 1930 avait par ailleurs révélé une trentaine de crânes néolithiques, aujourd’hui localisés de manière incertaine dans l’enceinte. À proximité, le presbytère (attesté dès 1766) et son verger en terrasses complètent ce paysage historique, marqué par les transformations des XIXe et XXe siècles.
L’église a inspiré des artistes, comme le peintre Fernand Pinal, séduit par sa « simplicité romane » et son cadre bucolique en bord d’Ourcq. Le photographe Jean-Marie Petit souligne quant à lui la rareté de son abside couverte de lauzes, qualifiée de « ravissante ». Ces témoignages artistiques mettent en lumière un patrimoine discret, mais emblématique du Soissonnais.
Classée parmi les plus anciens édifices à redents de la région, l’église Saint-Martin de Breny incarne à la fois l’héritage médiéval et les strates historiques superposées, des Mérovingiens au XXe siècle. Son classement en 1921 et la protection de ses dalles funéraires soulignent sa valeur patrimoniale, entre architecture, archéologie et mémoire locale.