Origine et histoire de l'Église Saint-Martin
L'église Saint-Martin se situe à Cahuzac, dans le Lot-et-Garonne. L'édifice actuel est l'ancienne chapelle du château érigé à la fin du XIIIe siècle à l'extrémité d'un promontoire dominant la vallée du Dropt. Cahuzac formait une baronnie de douze paroisses, cinq relevant de la sénéchaussée d'Agen et sept de celle de Bergerac. Le château était précédé d'un castenau qui regroupait dépendances, ateliers, casernements, magasins, écuries, chapelle et hôtel du gouverneur. La seigneurie appartint aux familles de Caumont puis aux Estissac à partir d'environ 1400, avant de passer, en 1586, par mariage aux La Rochefoucauld. La dernière héritière, Sophie, duchesse de La Rochefoucauld, aliéna les terres et vendit le château de Cahuzac à Charles de Bony en 1815. La chapelle devenue église fut construite entre 1500 et 1600 sur l'ordre des Estissac, probablement par Geoffroy d'Estissac, évêque de Maillezais et abbé de Cadouin, frère du baron Bertrand d'Estissac (1460-1522). Après la destruction de la vieille église paroissiale, la baronne de Cahuzac, Louise-Élisabeth de La Rochefoucauld (1716-1797), céda la chapelle aux habitants en 1771. L'édifice a été restauré dans les années 1880. En 2009, la chute d'un morceau de plâtre a révélé une peinture murale fragmentaire représentant une Crucifixion, dont l'étude est en cours. Une association pour la restauration et la mise en valeur de l'église Saint-Martin a été créée en 2011. L'église Saint-Martin a été inscrite au titre des monuments historiques en 2012.
L'église présente un plan rectangulaire et une nef unique de 22 mètres de long, 7,50 mètres de large et 11 mètres de haut. Elle s'ouvre par un portail en arc brisé à trois voussures, surmonté d'un fronton triangulaire percé de trois baies campanaires abritant deux cloches. Sur le côté nord se dresse une tour carrée comportant un escalier à vis qui permet d'accéder à la charpente. La voûte, en étoile avec liernes et tiercerons, est éclairée par six baies à remplage flamboyant, faisant de cet édifice un rare exemple régional de gothique tardif.
Les vitraux, datés de la fin du XIXe siècle, portent les noms des donateurs — nobles, notables bourgeois, curés et paroissiens ayant souscrit — et témoignent du financement collectif de la décoration. Le vitrail représentant saint Joseph est signé Joseph Villiet, de Bordeaux, en 1879. Les verrières représentent au chevet Le Sauveur du Monde et saint Martin ; dans la nef figurent saint Louis, saint Joseph, saint Jean-Baptiste et sainte Jeanne de Chantal.