Frise chronologique
XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (≈ 1150)
Nef et parties romanes originales édifiées.
Fin XIIe - début XIIIe siècle
Agrandissement de la nef
Agrandissement de la nef
Fin XIIe - début XIIIe siècle (≈ 1325)
Ajout d’une travée avec chapiteaux sculptés.
XVIe siècle
Rénovations majeures
Rénovations majeures
XVIe siècle (≈ 1650)
Chœur, abside, vitraux et baie élargie.
XVIIe siècle
Ajouts finaux
Ajouts finaux
XVIIe siècle (≈ 1750)
Voûte en lambris et porche ouest.
21 avril 1948
Inscription MH
Inscription MH
21 avril 1948 (≈ 1948)
Protection de l’église (hors porche moderne).
1996
Découverte des peintures
Découverte des peintures
1996 (≈ 1996)
Réouverture d’une baie murée révélant des fresques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise, à l'exception du porche moderne précédant la façade Ouest (cad. C 312) : inscription par arrêté du 21 avril 1948
Personnages clés
| Seigneurs de Cangey - Commanditaires des vitraux |
Financèrent les vitraux du chœur vers 1540. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Cangey, située dans le département d'Indre-et-Loire en région Centre-Val de Loire, est un édifice paroissial catholique dont les parties les plus anciennes remontent au XIe siècle. Construite dans le centre-bourg de Cangey, elle suit l’orientation des courbes de niveau du coteau dominant la Loire, avec une nef unique et un chœur prolongé par une abside à trois pans. Son histoire architecturale reflète des ajouts successifs : une travée de nef à la fin du XIIe ou début XIIIe siècle, des modifications majeures au XVIe siècle (travée de nef, chœur et vitraux), et une voûte en lambris ainsi qu’un porche au XVIIe siècle.
Les découvertes archéologiques et artistiques de l’église révèlent son importance patrimoniale. En 1996, la réouverture d’une baie murée dans la nef a mis au jour deux peintures du XIe ou XIIe siècle, surnommées « les animaux musiciens » : un bouc jouant de la flûte et un lièvre au tambourin, symboles médiévaux à vocation moralisatrice. Ces œuvres, rares pour leur époque, suggèrent une décoration murale plus étendue à l’origine. Les vitraux du chœur, financés par les seigneurs de Cangey vers 1540 et classés en 1901, illustrent des scènes religieuses dans leur partie supérieure conservée. Une chape en brocart d’or du XVIIe siècle et des statues des XVe et XVIe siècles, également classées, complètent ce mobilier remarquable.
L’église, presque intégralement inscrite comme monument historique par arrêté du 21 avril 1948 (à l’exception du porche moderne), témoigne des évolutions stylistiques et liturgiques de la Touraine. Son architecture mêle des éléments romans (nef du XIe siècle, chapiteaux à sirènes-oiseaux), gothiques (baies du XVIe siècle) et classiques (voûte en lambris). La chapelle nord, voûtée et ornée de peintures du XIXe siècle, contraste avec l’abside Renaissance, épaulée de contreforts. Ces strates historiques en font un exemple représentatif du patrimoine religieux rural français, marqué par des campagnes de construction et de décoration s’étalant sur sept siècles.
Le site, propriété de la commune de Cangey, conserve également des traces de modifications ultérieures, comme la démolition de la sacristie au XIXe siècle. Son emplacement, parallèle aux courbes de niveau du coteau, et son orientation est-nord-est/ouest-sud-ouest, soulignent son intégration dans le paysage tourangeau. Les sources écrites, notamment les ouvrages de Jean-Mary Couderc et Robert Ranjard, ainsi que les bases Mérimée et Monumentum, documentent son évolution et sa protection, tout en mettant en lumière son rôle dans l’histoire locale, depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque moderne.