Frise chronologique
XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (≈ 1150)
Nef et transept d'origine romane.
1572
Incendie par les huguenots
Incendie par les huguenots
1572 (≈ 1572)
Destruction partielle de l'édifice.
1594
Changement de seigneurie
Changement de seigneurie
1594 (≈ 1594)
Passage aux Plessis-Châtillon par alliance.
1605
Allongement du chœur
Allongement du chœur
1605 (≈ 1605)
Date portée sur la croix du chevet.
1629
Création de la crypte
Création de la crypte
1629 (≈ 1629)
Caveau familial des Plessis-Châtillon.
1639-1640
Installation des retables
Installation des retables
1639-1640 (≈ 1640)
Retables du rosaire et maître-autel.
1793
Profanation de la crypte
Profanation de la crypte
1793 (≈ 1793)
Pendant la Révolution française.
1929
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1929 (≈ 1929)
Après écroulement et incendie en 1924-1928.
2012
Classement de la crypte
Classement de la crypte
2012 (≈ 2012)
Inscrite aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le caveau funéraire de la famille du Plessis, situé sous l'avant choeur de l'église, avec son décor peint et son escalier d'accès, ainsi que les éléments en pierre qui soutiennent les cercueils de plomb, en totalité (cad. AB 297) : inscription par arrêté du 5 septembre 2012
Personnages clés
| René du Plessis-Châtillon - Seigneur de Châtillon |
Premier inhumé dans la crypte en 1629. |
| Diane-Renée de Poisieux - Épouse de René du Plessis |
Alliance à l'origine du passage aux Plessis-Châtillon. |
| Tugal Caris - Architecte retablier |
Auteur présumé du retable du rosaire (1639). |
| Michel Pasquier - Retablier |
Créateur du retable du maître-autel (1640). |
| Charles Hoyau - Sculpteur |
Auteur présumé de la Vierge à l'Enfant (XVIIe). |
| Eugène Barbedette - Curé de la paroisse |
Voyant de Pontmain, inhumé à Châtillon (1910-1927). |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Châtillon-sur-Colmont, située dans le département de la Mayenne en région Pays de la Loire, est un édifice d'origine romane, profondément remanié entre le XIe et le XVIIe siècle. Elle se distingue par son orientation légèrement inclinée vers le sud et ses dimensions de 37 mètres de long sur 21 de large, hors clocher. L'église est composée d'une nef unique prolongée par un chœur à chevet plat, flanquée de six chapelles latérales, dont trois au nord et trois au sud. Une tour carrée formant clocher est située à l'angle sud-est, tandis qu'une sacristie est construite entre cette tour et le chœur. La nef et le transept initial datent probablement du XIe siècle, comme en témoignent des éléments de maçonnerie et une fenêtre romane bouchée.
L'histoire de l'église est marquée par des événements clés, notamment son incendie par les huguenots en 1572 et sa reconstruction partielle au XVIe siècle sous l'égide de la famille Girard, seigneurs de la paroisse. En 1594, la seigneurie passe aux Plessis-Châtillon par le mariage de Diane-Renée de Poisieux et René du Plessis. Au XVIIe siècle, l'église subit d'importantes modifications : le chœur est allongé en 1605, une crypte funéraire familiale est creusée sous le chœur en 1629, et plusieurs retables sont ajoutés, dont celui du maître-autel en 1640. La crypte, décorée de fresques représentant des crânes et des tibias entrecroisés, abrite sept sarcophages en plomb et un cœur en plomb, témoignant de son usage comme caveau seigneurial.
Le mobilier de l'église est particulièrement riche, avec trois retables classés aux monuments historiques. Le retable du rosaire, daté de 1639 et attribué à l'architecte Tugal Caris, présente quinze médaillons illustrant les mystères du rosaire. Le retable du maître-autel, réalisé en 1640 par Michel Pasquier, arbore les armoiries des Plessis-Châtillon et de Nicole de Reynier. L'église abrite également une Vierge à l'Enfant en terre cuite polychrome du XVIIe siècle, attribuée à Charles Hoyau, ainsi qu'une borne milliaire gallo-romaine du IIIe siècle, découverte à proximité et conservée dans la nef depuis 1990.
La crypte, classée monument historique en 2012, est accessible par une trappe située à l'entrée du chœur. Elle mesure 2,67 mètres de long sur 3,40 mètres de large et est entièrement recouverte de fresques monochromes noires sur fond blanc, représentant des larmes stylisées et des crânes. La première inhumation enregistrée est celle de René du Plessis-Châtillon en 1629. Profanée en 1793, la crypte a conservé son contenu intact jusqu'à son exploration au début des années 2000.
L'église est également liée à des figures locales, comme Eugène Barbedette, curé de la paroisse de 1910 à 1927 et l'un des voyants de l'apparition mariale de Pontmain. Son clocher, reconstruit en 1929 après un écroulement partiel et un incendie en 1928, domine le bourg situé à 224 mètres d'altitude. L'édifice, construit en granite et couvert de charpentes, est un témoignage architectural et historique majeur de la région.