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Église Saint-Martin de Ciry-Salsogne dans l'Aisne

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise moderne Eglise néo-romane

Église Saint-Martin de Ciry-Salsogne

    16-20 Rue de la Libération
    02220 Ciry-Salsogne
Propriété de la commune
Église Saint-Martin de Ciry-Salsogne
Église Saint-Martin de Ciry-Salsogne
Église Saint-Martin de Ciry-Salsogne
Crédit photo : Enrevseluj - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
fin août 1918
Destruction de l'église
29 juin 1924
Pose de la première pierre
13 juin 1926
Bénédiction de l'édifice
1932
Exposition à Rouen
14 septembre 2007
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'église en totalité (cad. C 570) : inscription par arrêté du 14 septembre 2007

Personnages clés

Édouard Monestès - Architecte Reconstructeur de l'église (1924–1926).
Paul Landowski - Sculpteur Auteur du Christ modèle du Corcovado.
Jacques Martin - Sculpteur Réalisa chapiteaux et bas-reliefs intérieurs.
Louis Billotey - Peintre et verrier Créa vitraux et Chemin de croix.
Louis Barillet - Maître-verrier Collabora aux décors vitrés.
Heitor da Silva Costa - Architecte brésilien Initiateur du projet du Corcovado.

Origine et histoire

L’église Saint-Martin de Ciry-Salsogne, située dans le département de l’Aisne en région Hauts-de-France, fut détruite fin août 1918 lors de la Première Guerre mondiale. Sa reconstruction, menée entre 1924 et 1926, fut confiée à l’architecte Édouard Monestès, spécialiste des églises en Picardie. Ce dernier opta pour une structure innovante en béton armé, dissimulée sous une enveloppe de pierre calcaire pour conserver l’aspect traditionnel des édifices locaux, comme les pignons à redents et le clocher en double bâtière. L’espace intérieur, repensé pour répondre aux attentes liturgiques de l’époque, est marqué par une voûte en béton et quatre colonnes sculptées.

La décoration de l’église mobilisa des artistes majeurs des années 1920. Jacques Martin réalisa les chapiteaux et bas-reliefs, tandis que Louis Billotey conçut les verrières et les peintures du Chemin de croix. Une particularité notable est la présence d’une statue du Christ, modèle réduit du Corcovado de Rio de Janeiro, offerte par son sculpteur Paul Landowski — ami de Monestès — lors de la bénédiction de l’édifice en 1926. Cette œuvre symbolise le lien entre l’art sacré français et les grands projets internationaux de l’entre-deux-guerres.

L’église fut présentée à l’exposition d’art religieux moderne de Rouen en 1932, soulignant son caractère pionnier. Classée monument historique en 2007, elle illustre la reconstruction post-Grande Guerre, mêlant audace technique (ciment armé) et héritage stylistique picard. Son mobilier, incluant mosaïques eucharistiques et vitraux aux motifs géométriques ou narratifs (comme La Charité de saint Martin), reflète les courants artistiques de l’époque.

Avant sa destruction, l’ancienne église médiévale (XIIe–XIIIe siècles) dépendait du diocèse de Soissons et était liée au prieuré de Coincy. Après 1918, un culte provisoire fut célébré dans une baraque en bois pendant les travaux. Aujourd’hui, l’édifice témoigne à la fois de la résilience des communautés locales et de l’évolution des pratiques architecturales au XXe siècle, où modernité et tradition cohabitent dans un même lieu de mémoire.

Liens externes