Frise chronologique
VIIIe siècle
Origine de la chapelle paroissiale
Origine de la chapelle paroissiale
VIIIe siècle (≈ 850)
Fondation initiale du lieu de culte.
1215
Début des travaux gothiques
Début des travaux gothiques
1215 (≈ 1215)
Lancement de la reconstruction par Hervé de Nevers.
1240
Construction de la nef
Construction de la nef
1240 (≈ 1240)
Trois premières travées édifiées.
1438
Dédicace à saint Martin
Dédicace à saint Martin
1438 (≈ 1438)
Changement de vocable religieux.
1497
Édification de la tour
Édification de la tour
1497 (≈ 1497)
Symbole financé par les habitants.
1515
Achèvement du portail
Achèvement du portail
1515 (≈ 1515)
32 scènes sculptées de saint Martin.
1525
Installation du jubé
Installation du jubé
1525 (≈ 1525)
Œuvre détruite en 1840.
1793
Temple de la Raison
Temple de la Raison
1793 (≈ 1793)
Dégâts révolutionnaires sous Fouché.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Première liste officielle.
1857
Restauration des cloches
Restauration des cloches
1857 (≈ 1857)
Bénédiction par l'évêque Dufêtre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Martin (ancienne collégiale) : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Guy de Clamecy - Vicomte et fondateur |
Initiateur de la collégiale au XIe siècle. |
| Geoffroy de Champallement - Évêque d'Auxerre |
Cofondateur de la collégiale. |
| Pierre Cuvé (Bat-le-Duc) - Architecte-maçon |
Constructeur de la tour, mort en 1515. |
| François Ier - Roi de France |
Finança le jubé en 1521. |
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte-restaurateur |
Retira le jubé en 1840. |
| Joseph Fouché - Homme politique révolutionnaire |
Ordonna la destruction partielle en 1793. |
| Dominique-Augustin Dufêtre - Évêque de Nevers |
Bénit les cloches en 1857. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Clamecy trouve ses origines dans une chapelle paroissiale du VIIIe siècle, transformée au XIe siècle en collégiale par le vicomte Guy de Clamecy et l'évêque d'Auxerre Geoffroy de Champallement. L'édifice, initialement dédié à Saint-Potentien, fut agrandi grâce aux dons des seigneurs locaux, dont la comtesse Ida et Mahaut de Courtenay, qui financèrent son développement par des dîmes, rentes et terres. Les travaux majeurs débutèrent vers 1215, après l'affranchissement de la ville par Hervé de Nevers, marquant le début d'une campagne de construction s'étalant sur trois siècles.
La reconstruction gothique s'articula en plusieurs phases : la nef et ses trois premières travées furent édifiées dès 1240, suivies du chœur, considéré comme un chef-d'œuvre du gothique bourguignon avec ses influences cisterciennes. Le XVe siècle vit l'achèvement de la nef et la dédicace à saint Martin en 1438, tandis que la tour monumentale, symbole de fierté locale, fut érigée en 1497 par Pierre Cuvé, dit Bat-le-Duc, à partir de pierre de Basseville extraite localement. La façade et le portail, ornés de 32 scènes de la vie de saint Martin, furent terminés au début du XVIe siècle, malgré la mort tragique de leur architecte, écrasé par un bloc de pierre.
Classée Monument Historique dès 1840, la collégiale connut des vicissitudes, notamment pendant la Révolution française, où elle devint un Temple de la Raison et subit des dégradations, comme la tentative de destruction de sa tour par Fouché. Les cloches, dont Martine — la seule épargnée jusqu'en 1851 — furent refondues ou endommagées, avant d'être restaurées grâce à des financements locaux en 1857. Au XIXe siècle, Viollet-le-Duc retira le jubé de 1525, aujourd'hui exposé dans la nef, tandis que l'orgue d'Aristide Cavaillé-Coll, installé à la même époque, fut classé pour son exceptionnelle valeur patrimoniale.
L'édifice conserve des éléments architecturaux remarquables, comme ses voûtes à liernes et tiercerons, ses vitraux, et ses huit chapelles intérieures. La tour, accessible par un escalier intégré, offre une vue panoramique et abrite des gargouilles décoratives, tandis que le portail, malgré l'érosion due aux nids d'hirondelles, reste un témoignage unique de l'iconographie médiévale dédiée à saint Martin. Des événements tragiques, comme l'effondrement partiel des murs au XVIe siècle ou l'accident de 1654 lors de la fête de la Sainte-Barbe, rappellent les défis de sa préservation.
Au XXe siècle, la collégiale fut le théâtre de symboles politiques, comme le drapeau rouge hissé en 1935 après l'élection d'un conseil municipal communiste, remplacé après 1945 par le drapeau tricolore. Les bombardements de 1940 endommagèrent légèrement ses gargouilles, mais l'édifice, propriété de la commune, reste un lieu de culte et de mémoire, illustrant l'évolution religieuse, sociale et artistique du Nivernais à travers les siècles.