Frise chronologique
XIe siècle
Première mention archivistique
Première mention archivistique
XIe siècle (≈ 1150)
Citée dans les archives de Dax
XVe siècle
Transformation gothique
Transformation gothique
XVe siècle (≈ 1550)
Voûtes ogivales, nef latérale, fresques
1608
Flèche du clocher en chêne
Flèche du clocher en chêne
1608 (≈ 1608)
Destruite par la foudre en 1866
1692
Construction du porche
Construction du porche
1692 (≈ 1692)
Ancienne chapelle Sainte-Quitterie
1866
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1866 (≈ 1866)
Style ogival après incendie
8 octobre 1968
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
8 octobre 1968 (≈ 1968)
Inscription officielle
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. E3 330) : inscription par arrêté du 8 octobre 1968
Personnages clés
| Martin de Tours - Saint patron |
Dédie l’église primitive |
| Quitterie - Sainte patronne locale |
Chapelle et fontaine dédiées |
| M. de Lapossade (ou La Poussade) - Commanditaire du porche |
Chapelle familiale en 1692 |
| Frères Mazzetti - Sculpteurs du maître-autel |
Marbre italien (1781) |
| Jacques Dulau - Sculpteur contemporain |
Statue Notre-Dame de France (1993) |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin de Commensacq, située dans le département des Landes en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice religieux dont les origines remontent au moins au XIe siècle, comme en attestent les archives du chapitre de Dax. À l’origine, elle se présentait comme une simple nef en bois, évoquant une grange, avant d’être profondément transformée aux XIIe et XVe siècles. Son rôle dépassait la fonction cultuelle : fortifiée pendant les guerres (notamment de Religion), elle servait de réduit défensif pour le village, avec des murs surélevés, des créneaux et des meurtrières encore visibles aujourd’hui.
Au XVe siècle, l’église subit des modifications majeures : la nef primitive est voûtée d’ogives, une nef latérale est ajoutée, et des fresques narrant des épisodes bibliques (comme la Genèse) ou représentant les quatre évangélistes ornent les voûtains. Le clocher, initialement une tour carrée surmontée d’une flèche en chêne (1608), est reconstruit en 1866 après un incendie causé par la foudre. Le porche actuel, anciennement une chapelle dédiée à sainte Quitterie (1692), abrite des sculptures symboliques et un pavement en pierre de Bidache, tandis qu’une fontaine miraculeuse dédiée à la sainte subsiste à proximité.
L’église conserve des éléments roman (chevet semi-circulaire) et gothique (voûtes, chapiteaux sculptés), ainsi que des réemplois mystérieux, comme une frise d’animaux et de figures sur un pilier, ou des scènes profanes énigmatiques (le « pétengueule »). Le maître-autel en marbre italien (1781) et le baldaquin (XIXe siècle) témoignent de son enrichissement ultérieur. Classée monument historique en 1968, elle illustre l’évolution architecturale et culturelle d’un lieu de culte rural gascon, marqué par les conflits, les dévotions locales (sainte Quitterie) et l’art médiéval.
À l’extérieur, l’église révèle son passé défensif : des meurtrières cruciformes percent les murs, et des chambres de tir étaient aménagées sous les combles. La chapelle Notre-Dame, dépendante des Hospitaliers et démolie en 1793, rivalisait autrefois avec Saint-Martin en importance. Aujourd’hui, l’édifice, propriété communale, reste un témoignage vivant de l’histoire religieuse et militaire des Landes, entre héritage roman, gothique tardif et traditions populaires.
La fontaine Sainte-Quitterie, située derrière l’église, était un lieu de pèlerinage pour soigner les maux de tête, en lien avec le martyre de la sainte (décapitée). Les dernières processions datent des années 1950, mais des offrandes florales perpétuent son culte. Quant à la statue Notre-Dame de France (1993), sculptée par Jacques Dulau, elle symbolise la dévotion contemporaine du village.