Frise chronologique
Limite XIe-XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
Limite XIe-XIIe siècle (≈ 1250)
Église de pèlerinage romane à nef unique.
XIIIe siècle
Première mention paroissiale
Première mention paroissiale
XIIIe siècle (≈ 1350)
Citée dans le bullaire de Jean de Valier.
1601
Visite épiscopale
Visite épiscopale
1601 (≈ 1601)
État de dégradation signalé par Nicolas de Villars.
1818
Restauration par Hillac
Restauration par Hillac
1818 (≈ 1818)
Réparations architecturales majeures.
1879-1880
Construction du clocher-porche
Construction du clocher-porche
1879-1880 (≈ 1880)
Remplace l'ancien clocher roman.
Fin XVIIIe siècle
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
Fin XVIIIe siècle (≈ 1895)
Voûtement du sanctuaire et lambrissage.
1925
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1925 (≈ 1925)
Protection de l'abside et absidioles.
1930
Réparation après incendie
Réparation après incendie
1930 (≈ 1930)
Intervention sur le clocher endommagé.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'abside et les absidioles : inscription par arrêté du 30 décembre 1925
Personnages clés
| Nicolas de Villars - Évêque d'Agen (début XVIIe siècle) |
Signale la dégradation en 1601. |
| Georges Tholin - Historien de l'architecture (XIXe siècle) |
Étudie le clocher roman en *opus spicatum*. |
| Hillac - Architecte (début XIXe siècle) |
Dirige les réparations de 1818. |
| Franconi - Peintre (XIXe siècle) |
Réalise les décors en 1839. |
| Femme d'un châtelain de Cuzorn - Fondatrice de chapellenie |
Dédie une chapelle à saint Aurély. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Cuzorn, située dans le Lot-et-Garonne sur un plateau surplombant la Lémance, fut initialement construite entre le XIe et le XIIe siècle comme église de pèlerinage dédiée à saint Julien de Brioude. Son plan roman comprend une nef unique terminée par une abside hémicirculaire encadrée de deux absidioles, le tout décoré de modillons et métopes perforées. Ce chevet, caractéristique de l'art roman régional, présente des similitudes avec l'église Saint-Front-sur-Lémance, témoignant d'une tradition architecturale locale.
À l'origine simple nef romane, l'édifice subit des transformations majeures au fil des siècles. Dès le XIIIe siècle, la paroisse est attestée dans les archives épiscopales d'Agen, tandis qu'en 1601, l'évêque Nicolas de Villars signale son état de dégradation et sa pollution par des sépultures huguenotes. La nef est reconstruite à la fin du XVIIIe siècle avec un lambrissage, et les absidioles deviennent des chapelles dédiées à Notre-Dame du Rosaire et saint Aurély, cette dernière abritant une chapellenie fondée par une châtelaine locale.
Le XIXe siècle marque une période de rénovations intensives : réparations en 1818 sous l'architecte Hillac, décors peints par Franconi en 1839, et reconstruction complète de la nef dans le dernier quart du siècle. Le clocher-porche actuel, érigé en 1879-1880, remplace un ancien clocher-mur roman à cinq baies, partiellement en opus spicatum, typique du Fumélois. Après un incendie en 1930, le clocher est restauré. L'abside et les absidioles, seules parties romanes conservées, sont classées Monuments Historiques en 1925.
L'église illustre l'évolution architecturale et cultuelle d'un édifice roman : d'abord lieu de pèlerinage médiéval, elle devient une paroisse rurale marquée par les conflits religieux (présence huguenote), puis un monument patrimonial préservé. Ses modillons sculptés, ses voûtes en cul-de-four et son clocher à opus spicatum en font un témoin précieux de l'art roman en Agenais, étudié dès le XIXe siècle par des historiens comme Georges Tholin.