Origine et histoire de l'Église Saint-Martin
L’église Saint-Martin de Doulaincourt-Saucourt, située dans le département de la Haute-Marne, remplace un premier édifice médiéval (vers 1200) qui abritait une cure dépendant du chapitre de Reynel. Au XVIIIe siècle, une nouvelle église est construite entre 1732 et 1737, puis reconstruite après un ouragan entre 1751 et 1753. Son clocher, conçu par l’architecte Didier Pierret, est achevé en 1786. L’édifice illustre l’architecture religieuse rurale de l’époque, mêlant sobriété et décors baroques.
En 1864, l’église s’enrichit d’un orgue Cavaillé-Coll, acquis pour 8 700 francs, et en 1877, le maître-verrier Clément Haussaire y installe des vitraux narratifs, dont des scènes de la vie des saints et du Christ. Ces éléments, ajoutés au XIXe siècle, reflètent l’évolution des goûts liturgiques et l’influence des ateliers régionaux. L’orgue, unique en Haute-Marne à être entièrement construit par Aristide Cavaillé-Coll, témoigne de l’importance musicale des paroisses à cette période.
Une étude de polychromie menée en 1986 par M. Moulinier révèle la richesse des décors intérieurs, déclenchant une restauration en plusieurs étapes jusqu’en 2011. Lors de cette dernière phase, les signatures des frères Marca (Jacques-François et Jean-Baptiste), sculpteurs-stucateurs italiens, sont découvertes sur les retables, datés de 1738. Leur technique du stuc, économique et adaptable, permit d’orner l’église de retables architecturés, typiques des zones rurales aux moyens limités. Ces œuvres représentent des scènes bibliques (Saint-Martin, la Vierge à l’Enfant) et des miracles (Saint Roch, Saint Nicolas).
L’église est inscrite aux monuments historiques en 1990, reconnaissant sa valeur patrimoniale. Son mobilier comprend également une chaire en bois sculpté, un Christ en ivoire et un chemin de croix en stuc polychrome, tandis que ses vitraux, protégés, illustrent des épisodes mariaux et christiques. L’édifice, propriété communale, reste un exemple remarquable de l’art sacré lorrain et champenois, marqué par des influences italiennes et parisiens (Cavaillé-Coll).