Frise chronologique
XIVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIVe siècle (≈ 1450)
Édification de l’église en remplacement de l’abbaye.
1521
Fonts baptismaux
Fonts baptismaux
1521 (≈ 1521)
Réalisation en pierre avec inscriptions latines.
1723
Fonte de la cloche Martine
Fonte de la cloche Martine
1723 (≈ 1723)
Création par les fondeurs Godiveau.
1789
Saccage révolutionnaire
Saccage révolutionnaire
1789 (≈ 1789)
Destruction du tombeau des seigneurs de Breteuil.
1844
Tableau *Le Baptême du Christ*
Tableau *Le Baptême du Christ*
1844 (≈ 1844)
Œuvre d’Isidore Péan du Pavillon offerte en 1849.
18 juin 1991
Classement MH
Classement MH
18 juin 1991 (≈ 1991)
Inscription aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Martin (cad. C 327) : inscription par arrêté du 18 juin 1991
Personnages clés
| Jean Philipeau - Sculpteur |
Auteur de la chaire en chêne (1623). |
| François Le Tonnelier de Breteuil - Marquis de Trésigny |
Sépulture dans la crypte, détruite en 1789. |
| Isidore Péan du Pavillon - Peintre |
Auteur du *Baptême du Christ* (1844). |
| Nicolas Baullery - Peintre |
Auteur de *L’Adoration des bergers* (XVIIe). |
| Abbé Donon - Donateur |
Offrit le *Grand Christ* en 1910. |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin de Fontenay-Trésigny, située dans le département de Seine-et-Marne en Île-de-France, fut édifiée au XIVe siècle pour remplacer l’abbaye de Chaâge, construite quatre siècles plus tôt. Inscrite aux monuments historiques en 1991, elle illustre une transition architecturale entre les styles roman et gothique, marquée par des transformations successives entre les XVe et XVIIIe siècles. À l’origine entourée d’un cimetière et d’un chemin processionnel, elle servait de lieu de culte paroissial et de sépulture pour les seigneurs locaux, comme en témoigne la porte seigneuriale aujourd’hui murée.
Le clocher-tour à quatre pans, doté de gargouilles et abritant trois cloches (dont Martine, fondée en 1723), domine l’entrée. Une lanterne des morts du Moyen Âge, partiellement murée, signalait autrefois les défunts de la paroisse. À l’intérieur, la nef et le chœur conservent des boiseries en chêne des XVIIe et XVIIIe siècles, une chaire de 1623 sculptée par Jean Philipeau, et des vitraux du XIXe siècle illustrant des scènes religieuses. La chapelle Saint-Joseph abrite un triptyque commémoratif de la Première Guerre mondiale, tandis que la chapelle de la Vierge expose une statue composite (tête du XVIe siècle, corps du XVIIIe), reconstituée après les destructions révolutionnaires.
Parmi les mobiliers classés, on compte des fonts baptismaux de 1521, des tableaux des XVIIe et XIXe siècles (dont L’Adoration des bergers de Nicolas Baullery), et des lambris du chœur datant de 1689. Le site inclut aussi un calvaire des XVe–XVIe siècles et la fontaine Morin (XVIe siècle), également classée. L’église, dédiée à saint Martin, dépend aujourd’hui du pôle missionnaire de Mormant. Son histoire reflète les bouleversements religieux et politiques, depuis les modifications architecturales jusqu’aux saccages révolutionnaires, comme celui du tombeau des seigneurs Le Tonnelier de Breteuil, dont les ossements furent dispersés en 1789.
Les vitraux les plus anciens, dans la chapelle de la Vierge, côtoient des œuvres plus récentes, comme Le Baptême du Christ (1844) d’Isidore Péan du Pavillon, offert à l’église après son exposition au Salon de Paris. La crypte, accessible depuis la chapelle Saint-Joseph, abritait autrefois les sépultures des seigneurs locaux, dont François Le Tonnelier de Breteuil, marquis de Trésigny, et son frère, évêque de Rennes. Leur mausolée, détruit pendant la Révolution, symbolise les pertes patrimoniales de cette période.
À proximité, la fontaine Morin (XVIe siècle) et le calvaire médiéval complètent cet ensemble historique, témoignant de la vie paroissiale et seigneuriale à Fontenay-Trésigny. L’église, propriété de la commune, reste un lieu de culte actif tout en offrant un panorama de l’art sacré français, des fonts baptismaux gothiques aux boiseries baroques, en passant par les traces des conflits qui ont marqué son histoire.