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Église Saint-Martin de Germaine (Aisne) dans l'Aisne

Église Saint-Martin de Germaine (Aisne)

    26 Grande Rue
    02590 Germaine

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1900
2000
1135
Première mention de Germaine
août 1914
Occupation allemande
février 1917
Destruction du village
31 mars 1917
Libération britannique
13 septembre 1918
Libération définitive
17 octobre 1920
Croix de guerre 1914-1918
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Commandant de la Kommandantur d’Holnon - Responsable militaire allemand Auteur des arrêtés répressifs en 1915.
Maréchal Paul von Hindenburg - Stratège allemand Ordonna la ligne Hindenburg et la déportation.
Maire de Germaine (1916) - Représentant local déporté Déporté avec les hommes valides à Briastre.

Origine et histoire

L’église Saint-Martin de Germaine, située dans le département de l’Aisne en région Hauts-de-France, est un monument emblématique d’un village dont l’histoire est profondément marquée par les conflits du XXe siècle. Bien que sa période de construction initiale ne soit pas précisée dans les sources, son existence est attestée dès le XIIe siècle, liée à l’abbaye de Prémontré qui possédait la seigneurie locale. Le village, mentionné dès 1135 sous le nom Alodium de Germania, tire son nom d’une origine germanique, évoquant une ferme ou un domaine appartenant à des Germains.

Pendant la Première Guerre mondiale, Germaine fut occupée par les troupes allemandes dès août 1914, devenant un village sous domination militaire pendant 30 mois. Les habitants subirent des réquisitions forcées (blé, viande, travaux agricoles) sous peine de sanctions sévères, comme en témoigne un arrêté de la Kommandantur d’Holnon en juillet 1915, menaçant de prison ou de coups de bâton les « fainéants ». En février 1917, la population fut déportée vers Maubeuge avant que le village ne soit systématiquement détruit par les Allemands : maisons, église, mairie et école furent dynamités, et les arbres sciés.

Libéré brièvement par les Britanniques en mars 1917, Germaine fut reoccupé en 1918 lors de l’offensive du Kaiser, avant sa libération définitive en septembre 1918. La reconstruction dura plus de dix ans, avec une population divisée par deux (82 habitants en 1921 contre 161 en 1901). L’église Saint-Martin, comme le reste du village, fut rebâtie grâce aux indemnités de guerre. En 1920, Germaine reçut la Croix de guerre 1914-1918 pour les souffrances endurées par ses habitants.

Avant sa destruction, l’église était un lieu central de la vie communautaire, dans un village rural à vocation agricole (100 % de terres arables en 2018). Le patrimoine local incluait aussi un moulin à vent et un calvaire, aujourd’hui disparus. La rivière Germaine, autrefois longue de 16 km, fut réduite à un ruisseau après des modifications hydrologiques. Aujourd’hui, l’église reconstituée témoigne de la résilience d’une communauté marquée par l’histoire.

Administrativement, Germaine dépend de l'arrondissement de Saint-Quentin et de la communauté de communes du Pays du Vermandois. Son occupation des sols, exclusivement agricole, reflète son caractère rural préservé, malgré les bouleversements du passé.

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