Frise chronologique
862
Première mention de Groslay
Première mention de Groslay
862 (≈ 862)
Village cité dans un document de l’abbaye Saint-Denis.
1186
Donation à Deuil
Donation à Deuil
1186 (≈ 1186)
L’évêque Maurice de Sully donne l’église aux moines.
1226
Fondation avant cette date
Fondation avant cette date
1226 (≈ 1226)
Découverte de médailles de Louis VIII sous un pilier.
1470
Village dépeuplé
Village dépeuplé
1470 (≈ 1470)
Guerre de Cent Ans : 50 habitants restants.
1520
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
1520 (≈ 1520)
Début des travaux post-guerre de Cent Ans.
1542
Achèvement du collatéral nord
Achèvement du collatéral nord
1542 (≈ 1542)
Date gravée sur le cinquième contrefort.
1560
Construction de l’abside
Construction de l’abside
1560 (≈ 1560)
Style Renaissance pour le chevet.
1783
Dernière cloche préservée
Dernière cloche préservée
1783 (≈ 1783)
Baptisée Louise, épargnée par la Révolution.
1818
Reconstruction du collatéral sud
Reconstruction du collatéral sud
1818 (≈ 1818)
Travaux « économiques » post-effondrement.
1869-1872
Restauration majeure
Restauration majeure
1869-1872 (≈ 1871)
Reprise des piliers et fausses voûtes.
1929
Classement monument historique
Classement monument historique
1929 (≈ 1929)
Protection de l’édifice et de ses vitraux.
1955
Ajout de deux nouvelles cloches
Ajout de deux nouvelles cloches
1955 (≈ 1955)
Jeanne-Andrée et Martin-Andrée-Thérèse bénies.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Martin : classement par arrêté du 9 décembre 1929
Personnages clés
| Richilde de Groslay - Bienfaitrice (XIIe siècle) |
Fonda une distribution de pain. |
| Maurice de Sully - Évêque de Paris (1186) |
Dona l’église aux moines de Deuil. |
| Anne de Montmorency - Connétable (XVIe siècle) |
Soutint les reconstructions Renaissance. |
| Henri Adeux - Curé (1958-1983) |
Parvis nommé en son honneur. |
| Jean Chastellain - Maître verrier (XVIe siècle) |
Auteur présumé de vitraux comme la *Messe de saint Grégoire*. |
| Abbé Georges Pacaud - Historien local (XXe siècle) |
Documenta les transformations de l’église. |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin de Groslay, située dans le Val-d’Oise, est un édifice composite dont les parties les plus anciennes remontent au XIIe siècle, tandis que la majorité de sa structure actuelle date du XVIe siècle. Elle se distingue par une nef et un bas-côté sud gothiques du XIIIe siècle, prolongés par un chœur et des collatéraux Renaissance. Son histoire est marquée par des reconstructions successives, notamment après les ravages de la guerre de Cent Ans, qui réduisit le village à une cinquantaine d’habitants en 1470. La nef fut reconstruite en 1520, suivie par l’ajout d’un collatéral nord et d’une abside en hémicycle vers 1560, illustrant la transition entre le gothique flamboyant et la Renaissance.
La Révolution française causa des dommages irréversibles, notamment la destruction du portail occidental et la confiscation des cloches, sauf une datant de 1783. Au XIXe siècle, des travaux urgents furent entrepris pour stabiliser l’édifice, menacé par l’effondrement des voûtes et le déversement des murs. Les fausses voûtes en plâtre actuelles datent de cette époque (1869-1872), tout comme la reprise en sous-œuvre des piliers nord. Classée monument historique en 1929, l’église doit sa renommée à ses six verrières Renaissance, classées depuis 1897, dont l’Arbre de Jessé (1572) et des scènes de la vie de saint Martin, ainsi qu’à un mobilier incluant des statues et des tableaux des XVIIe et XIXe siècles.
L’édifice reflète les évolutions architecturales et les bouleversements historiques de la région. Son plan dissymétrique, avec un collatéral nord plus long que le sud, et son abside à pans coupés témoignent des adaptations successives. Les vitraux, restaurés au XXe siècle, sont composés de fragments remontés, offrant un aperçu rare de l’art verrier de la Renaissance en Île-de-France. La sacristie, ajoutée en 1858, et les modifications liturgiques du XXe siècle (comme l’installation d’un nouvel autel en 1984) achèvent de sceller son histoire mouvementée, entre préservation et transformations.
Les archives locales évoquent des figures comme Richilde de Groslay, fondatrice au XIIe siècle d’une distribution de pain en l’honneur de la paroisse, ou Henri Adeux, curé de 1958 à 1983, dont le nom fut donné au parvis en 2010. Le cimetière, initialement situé autour de l’église, fut déplacé entre 1824 et 1837, libérant l’espace pour l’élargissement des rues. Les cloches, refondues ou ajoutées (comme en 1955), et les reliques disparues lors de l’occupation prussienne de 1871, rappellent les aléas subis par ce patrimoine.
L’intérieur, malgré des remaniements, conserve une harmonie entre les parties gothiques et Renaissance. Les chapiteaux corinthiens, certains peut-être retaillés à partir de supports médiévaux, et les voûtes à liernes et tiercerons du collatéral nord illustrent cette fusion des styles. À l’extérieur, la façade septentrionale, homogène grâce à sa construction rapide au XVIe siècle, contraste avec les autres élévations, altérées par les restaurations. Le clocher, à la base peut-être romane, et le porche du XVIIIe siècle, bien que dénués de caractère sacré, complètent cet ensemble éclectique.
Aujourd’hui, l’église Saint-Martin reste un témoin majeur de l’histoire locale, alliant fonctions religieuses, patrimoniales et mémorielles. Ses vitraux, classés parmi les plus beaux du Val-d’Oise, et son architecture hybride en font un lieu incontournable pour comprendre l’évolution des arts et des sociétés en Île-de-France, du Moyen Âge à l’époque contemporaine.