Église Saint-Martin de La Bruère-sur-Loir dans la Sarthe

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise romane et gothique Patrimoine carolingien

Église Saint-Martin de La Bruère-sur-Loir

  • 2 Route de Chenu
  • 72500 La Bruère-sur-Loir
Église Saint-Martin de La Bruère-sur-Loir
Église Saint-Martin de La Bruère-sur-Loir
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Église Saint-Martin de La Bruère-sur-Loir
Église Saint-Martin de La Bruère-sur-Loir
Crédit photo : HubertduMaine - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
800
900
1000
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
830
Destruction partielle
VIIIe-IXe siècle
Vestiges carolingiens
XIe siècle
Construction romane
1530-1560
Ajouts Renaissance
1828
Transfert sacristie
1855
Nouveau porche
1912
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise : classement par arrêté du 11 décembre 1912

Personnages clés

Adolphe Robin Parrain de la cloche bénite en 1902.
Abbé Boulay Initiateur de la réinstallation de la seconde cloche en 1977.

Origine et histoire de l'Église Saint-Martin

L'église Saint-Martin est située à La Bruère-sur-Loir, dans le département de la Sarthe. Sa construction s'est étalée sur plusieurs périodes : la nef romane date du XIe siècle, le chœur et le transept appartiennent à la Renaissance (vers 1530-1560) et des vestiges carolingiens subsistent dans le mur sud de la nef. Sur ce mur, à droite de la petite porte latérale, apparaît la forme d'un portail antique partiellement obstrué, surmonté d'un grand cintre dont le tympan en damier de losanges en pierres blanches atteste une origine carolingienne (VIIIe-IXe siècle). Ce portail et des portions de murs, dissimulés sous des enduits successifs, témoignent de l'église primitive partiellement détruite lors des invasions qui ravagèrent la vallée du Loir autour de 830. L'édifice est classé au titre des monuments historiques depuis le 11 décembre 1912.

Après la période troublée, l'église fut reconstruite à la fin du XIe ou au XIIe siècle dans un style roman modeste, avec réemploi partiel des murs primitifs. L'entrée romane originelle n'a pas été conservée : en 1855 un porche en plein cintre en pierre de Morier a remplacé l'ouverture d'origine. Dans les murs nord et sud de la nef se devinent encore, assez hautes et bouchées, les étroites fenêtres de cette époque, tandis que la plupart des autres ouvertures ont été créées ou remaniées au XIXe siècle.

Le chœur et le transept, élevés à la Renaissance, sont bâtis en pierre de tuffeau enduite au mortier de chaux. Le sanctuaire à trois pans est renforcé par des contreforts pour soutenir des voûtes plus élevées que celles de la nef romane et pour permettre des baies plus larges. L'arc séparant la nef du chœur a été consolidé par une pile avancée d'un mètre à l'intérieur. Les voûtes du chœur et du transept, de transition entre le plein cintre et l'ogival, sont construites en tuffeau rectangulaire jointé à la chaux et reposent sur un réseau serré d'arceaux. La sacristie, initialement située au nord, a été transférée en 1828 côté sud; les vestiges de l'ancienne sacristie restent visibles sur la façade nord. Le chœur est largement éclairé : deux fenêtres dans l'avant‑chœur, deux dans chaque bras du transept et trois dans le sanctuaire, la fenêtre centrale orientale ayant été obstruée pour y adosser le retable du maître-autel au XVIIe siècle.

Neuf fenêtres de la Renaissance furent garnies de vitraux peu après leur réalisation (1575 d'après Legeay), mais le programme iconographique a été modifié au fil du temps et certaines baies sont aujourd'hui en verre blanc. À la gauche du chevet, la première baie avant le transept nord montre une Annonciation accompagnée d'une Visitation; dans le transept nord, la moitié gauche d'une baie présente l'Adoration des bergers ou Nativité, l'autre moitié est vide; la baie est montre Jésus parmi les docteurs et l'entrée à Jérusalem. Dans le sanctuaire, seule la première fenêtre conserve des vitraux : la partie haute, vraisemblablement du XVIe siècle, représente à gauche l'agonie de Jésus au jardin des oliviers et à droite le Baiser de Judas, tandis que la partie basse, complétée au XIXe siècle, montre saint Martin partageant son manteau et une veillée de chevalier. Les autres baies du sanctuaire et du transept sont dépourvues de vitraux, si ce n'est deux fragments conservés — une Vierge couronnée à l'Enfant et une colombe blanche rayonnante dans un cercle sur fond jaune — et, dans l'avant‑chœur droit, la prédication de saint Jean‑Baptiste. Le vitrail Le Baiser de Judas est classé au titre des objets aux Monuments historiques depuis 1912.

Diverses armoiries décorent l'église, notamment celles d'Averton (de gueules à trois jumelles d'argent) qui figurent au‑dessus de plusieurs vitraux, parfois associées à d'autres blasons; les seigneurs d'Averton du Grand Perray aux XVe et XVIe siècles ont participé financièrement à la reconstruction de l'édifice, selon une pièce manuscrite citée par Legeay. D'autres écus — d'argent à deux sautoirs de gueules et de gueules à un lion d'argent — sont également présents, mais les réparations successives ont peut‑être altéré les émaux et métaux primitifs.

Le clocher en charpente et ardoise qui surmonte la nef date vraisemblablement du XVe siècle et comporte deux cloches. La seconde cloche, longtemps absente, a repris sa place au printemps 1977 à l'initiative de l'abbé Boulay. L'autre cloche, bénite le 28 septembre 1902 grâce à la générosité des paroissiens et dont le parrain fut Adolphe Robin, pèse 162 kg et remplaçait une cloche de 1784 portant une inscription mentionnant son baptême et le fondeur Lejeune.

Liens externes