Frise chronologique
XVe siècle
Construction de la nef
Construction de la nef
XVe siècle (≈ 1550)
Voûte avec blasons des seigneurs de Fervaques.
1786
Décor du chœur
Décor du chœur
1786 (≈ 1786)
Plâtre et remaniement du chœur.
1831
Désaffectation paroissiale
Désaffectation paroissiale
1831 (≈ 1831)
Rattachement à Auquainville, chapelle funéraire.
XIXe siècle
Modifications intérieures
Modifications intérieures
XIXe siècle (≈ 1865)
Peintures naïves, poutre métallique, badigeon.
30 décembre 1986
Classement monument historique
Classement monument historique
30 décembre 1986 (≈ 1986)
Inscription de l'édifice en totalité.
1990–1995
Restaurations récentes
Restaurations récentes
1990–1995 (≈ 1993)
Clocher et toiture refaits.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Martin avec son décor en gypserie du choeur (cad. A 220) : inscription par arrêté du 30 décembre 1986
Personnages clés
| Arcisse de Caumont - Historien et archéologue |
A décrit l'édifice en 1867. |
| Seigneurs de Fervaques - Nobles locaux |
Blasons sur la voûte du XVe. |
| Famille de Custine - Propriétaire au XIXe |
Utilisa l'église comme chapelle funéraire. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de La Croupte, située dans le hameau éponyme sur la commune de Livarot-Pays-d'Auge (Calvados), trouve ses origines dans une tradition remontant peut-être au Haut Moyen Âge. Son vocable dédié à saint Martin, ainsi que la fontaine à guenilles adjacente — réputée pour guérir les maux de peau et antérieure à la christianisation du pays d'Auge — suggèrent une fondation très ancienne. La fontaine, toujours associée à l'édifice, est considérée comme contemporaine de l'église primitive, bien que celle-ci ait été reconstruite aux XVe et XVIIIe siècles.
L'édifice actuel mêle des éléments gothiques et classiques. La nef, datée du XVe siècle, conserve une voûte ornée de deux poutres aux blasons des seigneurs de Fervaques. Le chœur, remanié au XVIIIe siècle, reçoit en 1786 un décor de plâtre et des peintures naïves ajoutées ultérieurement. Une poutre métallique, installée au XIXe siècle, sépare désormais la nef du chœur pour en améliorer la visibilité. La sacristie, construite à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles, complète l'ensemble, tandis qu'un badigeon du XIXe siècle masquera temporairement les peintures du XVIIIe, restaurées en 1980.
Les désordres structurels, comme les lézardes signalées par Arcisse de Caumont ou l'affaissement du mur sud (renforcé en 1884 par des pilastres de brique), témoignent des défis de conservation. Le clocher, refait en 1990 après des intempéries, et la toiture restaurée en 1995 bénéficient de l'appui de la Sauvegarde de l'art français. Classée monument historique en 1986, l'église abrite un retable du règne de Louis XIV, une statue ancienne de saint Martin, et un relief polychrome du XVIIe siècle illustrant la Charité de saint Martin.
Désaffectée comme église paroissiale en 1831 après son rattachement à Auquainville, elle sert alors de chapelle funéraire à la famille de Custine. Son architecture modeste — nef unique, clocher sur pignon occidental, et baies reprofilées au XVIIIe — contraste avec son rôle spirituel et culturel. Les traditions populaires, comme les offrandes de guenilles à la fontaine, perpétuent un héritage pré-chrétien, tandis que les peintures et le mobilier liturgique reflètent les évolutions artistiques et dévotionnelles des XVIIe–XIXe siècles.
Les sources historiques, notamment les écrits d'Arcisse de Caumont (1867), décrivent une « mauvaise bâtisse sillonnée de lézardes », mais soulignent aussi la valeur patrimoniale de ses éléments intérieurs. Longue d'environ 30 mètres, construite en calcaire et silex, l'église illustre l'adaptation des édifices religieux aux besoins locaux, entre culte, mémoire familiale (sépultures des de Custine) et pratiques populaires. Son inscription au titre des monuments historiques en 1986, suivie de campagnes de restauration, atteste de sa reconnaissance comme témoin des strata historiques et culturels du pays d'Auge.