Frise chronologique
XIIe siècle
Origines supposées
Origines supposées
XIIe siècle (≈ 1250)
Première mention d'une église (source *Monumentum*)
1351
Première citation écrite
Première citation écrite
1351 (≈ 1351)
Église mentionnée dans un document historique
1480–1530
Période de construction principale
Période de construction principale
1480–1530 (≈ 1505)
Datation par analyse stylistique gothique
1908
Classement du retable de saint Martin
Classement du retable de saint Martin
1908 (≈ 1908)
Protection du mobilier comme objet
25 mai 1943
Classement monument historique
Classement monument historique
25 mai 1943 (≈ 1943)
Protection officielle de l'édifice
1989
Classement du retable du Rosaire
Classement du retable du Rosaire
1989 (≈ 1989)
Reconnaissance patrimoniale supplémentaire
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église : classement par arrêté du 25 mai 1943
Personnages clés
| Guillaume Planeta - Peintre baroque |
Auteur du retable *Adoration des bergers* (1665) |
| Barthélémy Puppo - Peintre mentonnais |
Auteur du retable *Adoration de l'Enfant Jésus* (1662) |
| Bartolome - Peintre anonyme |
Auteur du retable *Âmes du Purgatoire* (1662) |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de La Tour, située dans le département des Alpes-Maritimes (région Provence-Alpes-Côte d'Azur), est un édifice religieux dont les origines remontent au moins au XIIe siècle selon les sources, bien que son architecture gothique et ses éléments stylistiques suggèrent une construction ou reconstruction majeure entre 1480 et 1530. Son clocher carré, de style roman lombard surmonté d’une pyramide quadrangulaire, contraste avec la nef basilicale à trois vaisseaux voûtés d’ogives, typique des églises villageoises de la moyenne Tinée. Les chapiteaux cubiques, ornés de feuilles d’eau et de motifs anthropomorphes, pourraient indiquer l’intervention d’artisans génois, hypothèse renforcée par la présence d’une croix gravée sur l’un des boutons sculptés.
Classée monument historique par arrêté du 25 mai 1943, l’église abrite un mobilier remarquable : bénitiers des XIe et XVIe siècles, un autel en bois doré du XVIIe siècle, et sept retables datant des XVIe–XVIIIe siècles. Parmi eux, le retable de saint Martin (classé en 1908) domine le chœur, représentant l’évêque de Tours entouré des apôtres Pierre et Jean, tandis que le retable du Rosaire (classé en 1989) et celui des Âmes du Purgatoire (1662) illustrent l’influence baroque niçoise. Les toiles de Guillaume Planeta (1665) et Barthélémy Puppo (1662) témoignent des échanges artistiques entre la vallée de la Tinée et les ateliers mentonnais ou génois.
L’historique de l’édifice reste partiellement obscur : citée pour la première fois en 1351, son attribution au XIIe siècle (source Monumentum) contredit les analyses stylistiques la situant aux XVe–XVIe siècles. Son plan basilical, ses voûtes sur croisée d’ogives, et ses colonnades rappellent celles de l’église Saint-Véran d’Utelle, suggérant un maître d’œuvre commun. Les vols de chandeliers en 2002 (retrouvés en 2005) rappellent les vulnérabilités des édifices ruraux, malgré leur protection patrimoniale.
Le contexte local explique son architecture hybride : la vallée de la Tinée, carrefour entre les influences provençales, piémontaises et ligures, voit ses églises refléter cette diversité. Les retables baroques, commandés entre le XVIIe et XVIIIe siècles, coïncident avec la Contre-Réforme et l’affirmation du catholicisme dans les Alpes du Sud. Les bénitiers du XIe siècle, antérieurs à l’édifice actuel, pourraient provenir d’une chapelle primitive, tandis que le dais de procession du XVIIIe (classé en 1902) souligne le rôle central de l’église dans les fêtes religieuses locales.
Les sources écrites manquent pour préciser les commanditaires ou les étapes de construction. Cependant, la comparaison avec l’église Saint-Michel-de-Gast de Roquebillière (terminée en 1533) et les références à un même atelier génois éclairent les réseaux de maîtres d’œuvre actifs dans la région. Les motifs des chapiteaux, sobrement décorés, et la voûte à nervures fines trahissent une volonté de modernité gothique, tout en conservant des éléments romans (clocher) hérités de traditions plus anciennes.