Frise chronologique
1066
Première attestation de l'église
Première attestation de l'église
1066 (≈ 1066)
Mention écrite de l'édifice religieux.
XIIe siècle (vers 1120–1130)
Construction des bas-côtés et du transept
Construction des bas-côtés et du transept
XIIe siècle (vers 1120–1130) (≈ 1125)
Agrandissement roman de la nef.
XIIIe siècle
Ajout de la fenêtre rayonnante du chevet
Ajout de la fenêtre rayonnante du chevet
XIIIe siècle (≈ 1350)
Modification gothique majeure.
1821
Incendie destructeur
Incendie destructeur
1821 (≈ 1821)
Perte du bas-côté sud et du clocher.
1862
Restauration post-incendie
Restauration post-incendie
1862 (≈ 1862)
Reconstruction du clocher latéral.
16 juin 1926
Classement aux monuments historiques
Classement aux monuments historiques
16 juin 1926 (≈ 1926)
Protection officielle de l'édifice.
années 1980
Campagne de restauration
Campagne de restauration
années 1980 (≈ 1980)
Travaux sur la rosace et la structure.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 16 juin 1926
Personnages clés
| Abbé Marcel Corjon - Curé de Labbeville (1929–1967) |
Figure marquant la paroisse avant 1967. |
| Abbé Pierre Gillet - Dernier curé résident (1967–1969) |
Affiliation à Nesles-la-Vallée sous son mandat. |
| Bernard Duhamel - Historien local |
Auteur d’une étude sur l’église (1988). |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin de Labbeville, située dans le Val-d’Oise en Île-de-France, est attestée dès 1066, bien que sa construction actuelle remonte principalement aux XIIe, XIIIe et XVe siècles. Issue de plusieurs campagnes de construction rapprochées, elle conserve des éléments romans comme les chapiteaux et colonnettes de la nef, ainsi que des ajouts gothiques tels que la vaste fenêtre rayonnante du chevet et la rosace de la façade occidentale. L’incendie de 1821 détruisit le bas-côté sud et le clocher roman, entraînant une restauration partielle en 1862, incluant la reconstruction d’un clocher latéral sans lien avec l’intérieur de l’édifice.
La nef, initialement dépourvue de bas-côtés, fut agrandie à la période romane par l’ajout d’arcades et d’un transept, dont seul le croisillon nord subsiste aujourd’hui. Les voûtes d’ogives des parties orientales, datées entre le XIIe et le XIIIe siècle, présentent des profils variés, tandis que la charpente lambrissée du XVIe siècle, partiellement préservée malgré l’incendie, constitue un élément remarquable. La chapelle de la Vierge, ajoutée postérieurement au croisillon nord, et les remaniements flamboyants après la guerre de Cent Ans illustrent les évolutions stylistiques de l’édifice.
Classée aux monuments historiques en 1926, l’église a bénéficié de restaurations dans les années 1980, notamment la reconstitution de la rosace occidentale et la consolidation des structures. Aujourd’hui rattachée à la paroisse de Nesles-la-Vallée, elle n’accueille plus que des messes occasionnelles. Son mobilier comprend une Vierge à l’Enfant du XIVe siècle, classée monument historique, et une cloche en bronze de 1705, témoignages de son riche patrimoine artistique et religieux.
L’architecture extérieure, marquée par des contreforts romans et une façade remaniée, reflète les transformations subies au fil des siècles. Les arcades bouchées du mur méridional de la nef et les traces de l’ancien cimetière adjacent rappellent les modifications structurelles et l’histoire paroissiale de Labbeville. Malgré les destructions et les restaurations successives, l’église conserve des éléments authentiques, comme les modillons sculptés du chevet ou les chapiteaux romans mis au jour lors des travaux.
Le site, enclavé dans le Parc naturel régional du Vexin français, s’inscrit dans un paysage historique marqué par l’influence des abbayes normandes, comme celle du Bec-Hellouin, ancien collateur de la cure. Sous l’Ancien Régime, la paroisse dépendait du doyenné de Meulan et de l’archidiocèse de Rouen, soulignant son ancrage dans les réseaux religieux médiévaux. Les fouilles et restaurations récentes ont permis de révéler des détails architecturaux longtemps dissimulés, offrant un éclairage nouveau sur son évolution.
Aujourd’hui, l’église Saint-Martin, bien que partiellement masquée par des constructions annexes, reste un exemple significatif du patrimoine religieux rural d’Île-de-France. Son plan irrégulier, ses voûtes variées et ses décors sculptés en font un édifice représentatif des transitions stylistiques entre roman et gothique, tout en portant les stigmates des aléas historiques qui ont jalonné son existence.