Frise chronologique
1100
Rattachement épiscopal
Rattachement épiscopal
1100 (≈ 1100)
Dépendance de l'évêque Manassès II de Reims
1270
Agrandissement du chœur
Agrandissement du chœur
1270 (≈ 1270)
Travaux financés par les habitants
1502
Refection du clocher
Refection du clocher
1502 (≈ 1502)
Charpente refaite avec don local
1623
Restauration du maître-autel
Restauration du maître-autel
1623 (≈ 1623)
Financée par Claude Thiriel, seigneur
1783
Campagne de travaux majeurs
Campagne de travaux majeurs
1783 (≈ 1783)
Tour et portail repris
1836
Fonte des cloches
Fonte des cloches
1836 (≈ 1836)
Réalisées par Cauchois jeune
1920
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1920 (≈ 1920)
Arrêté du 25 août
1922-1927
Réparations post-Première Guerre
Réparations post-Première Guerre
1922-1927 (≈ 1925)
Toit, voûte et vitraux restaurés
1943
Réparation des vitraux
Réparation des vitraux
1943 (≈ 1943)
Dégâts de la Seconde Guerre
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 25 août 1920
Personnages clés
| Manassès II de Reims - Évêque de Reims |
Propriétaire de l'église dès 1100 |
| Claude Thiriel - Seigneur de Lagery |
Finança le maître-autel en 1623 |
| M. Decary - Curé de Lagery |
Bénit les cloches en 1836 |
| Nicolas Etienne Baron - Maire et propriétaire |
Parrain de la cloche Marie-Louise |
| Pierre Fayel - Propriétaire et adjoint |
Parrain de la cloche Henriette |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Lagery, située dans le département de la Marne en région Grand Est, trouve ses origines au XIIe siècle. Les parties les plus anciennes, comme le portail principal et l'arc triomphal, datent de cette période. Ce dernier présente des chapiteaux sculptés, dont une pile sud ornée de rares sculptures figuratives, peut-être réemployées. L'édifice, initialement sous la dépendance de l'évêque Manassès II de Reims dès 1100, fut agrandi au XIIIe siècle par les habitants, notamment au niveau du chœur et du chancel en 1270.
Au fil des siècles, l'église a connu plusieurs campagnes de travaux marquantes. En 1502, la charpente du clocher fut refaite grâce à un don des habitants, tandis qu'en 1623, Claude Thiriel, seigneur local, finança la réfection du maître-autel. Une grande restauration fut entreprise en 1783 pour reprendre la tour et le portail. L'édifice comptait alors quatre chapelles dédiées à la Sainte-Vierge, saint Sébastien, saint Bon et saint Isidore (chapelle seigneuriale). Les conflits mondiaux du XXe siècle ont également laissé leur empreinte : réparations en 1922 et 1927 pour les dégâts de la Première Guerre (toit, voûte, vitraux), puis en 1943 pour les vitraux endommagés durant la Seconde.
L'architecture de l'église mêle des éléments romans, comme les piliers rectangulaires de la nef et les fenêtres, à des particularités uniques. Son clocher, situé au-dessus du bas-côté sud, est une rareté. À l'intérieur, des fresques des XIVe et XVe siècles côtoient un mobilier classé : une dalle funéraire du XIVe siècle, une chaire à prêcher du XVIIe siècle et une verrière du XVIe siècle. Les cloches, fondues en 1836 par Cauchois jeune, portent des inscriptions détaillant leurs parrains et marraines, reflétant la vie communautaire de l'époque.
Classée Monument Historique par arrêté du 25 août 1920, l'église appartient aujourd'hui à la commune de Lagery. Son histoire, marquée par des dons locaux et des restaurations successives, illustre l'attachement des habitants à ce patrimoine. Les travaux du XXe siècle, bien que nécessaires, furent relativement limités, préservant ainsi l'authenticité d'un édifice qui a traversé près de neuf siècles d'histoire champenoise.
Les sources disponibles, notamment les études de Franck Tourtebatte (1998) et Jean-Pierre Ravaux (1984), soulignent l'importance de cette église dans le paysage roman de la vallée de l'Ardre. Son plan, ses sculptures et son mobilier en font un témoin privilégié de l'art religieux médiéval et moderne en Champagne, aujourd'hui accessible au public sous la responsabilité de la municipalité.