Origine et histoire de l'Église Saint-Martin
L'église Saint-Martin de Laives, située en Bourgogne-Franche-Comté, est un édifice catholique construit au 2e quart du XIXe siècle (1829-1834) par l'architecte Duthil dans un style classique. Elle remplace une ancienne église romane du XIe siècle, elle-même édifiée sur un site occupé depuis le Néolithique (700 av. J.-C.), où se succédèrent un temple druidique, un sanctuaire romain dédié à Mercure, et une première chapelle chrétienne fondée par saint Martin au IVe siècle. L'église actuelle, classée Monument historique en 1905 (pour l'ancienne) et 1993 (pour le bâtiment du XIXe), surplombe la vallée de la Saône et les axes routiers modernes (A6, D906).
Le site, stratégique depuis l'Antiquité, fut un lieu de culte païen puis chrétien. La chapelle primitive, mentionnée en 894 dans une charte du roi Eudes, appartenait à l’évêché de Nevers. L’église romane du XIe siècle, de style lombard avec une nef voûtée et un clocher carré, était un repère visible sur le « Chemin des Moines » reliant Cluny à La Ferté. Au Moyen Âge, deux chapelles gothiques furent ajoutées (1476 et 1516), et un ermitage construit au XVIe siècle. Pendant la Révolution, elle devint un temple de la Raison avant d’être abandonnée en 1830 au profit d’une nouvelle église en bas du village.
Au XXe siècle, l’église joua un rôle durant les deux guerres mondiales : refuge pour les soldats du 265e régiment en 1914-1918, puis cache d’armes pour la Résistance en 1939-1945, ce qui valût au monument des bombardements et la destruction partielle du chœur. Restaurée partiellement (chemins d’accès en 1980, éclairage en 1991), elle reste un symbole local, surnommée le « phare de la Bourgogne » grâce à son illumination nocturne. Aujourd’hui, elle dépend de la paroisse Saint-Martin-entre-Saône-et-Grosne (diocèse d’Autun) et conserve une valeur patrimoniale et mémorielle forte.
L’architecture actuelle, sobre et classique, contraste avec le passé roman du site. Le clocher carré, hérité de l’église médiévale, domine toujours la colline, tandis que les vestiges des chapelles gothiques et de l’ermitage rappellent les strates historiques du lieu. Les sources et les chemins escarpés entourant l’édifice témoignent de son ancrage dans le paysage et la vie communautaire, depuis les pèlerins médiévaux jusqu’aux résistants de 1944.