Frise chronologique
Fin XIe - Début XIIe siècle
Construction de la nef primitive
Construction de la nef primitive
Fin XIe - Début XIIe siècle (≈ 1225)
Nef romane non voûtée et exhaussée.
Second quart du XIIe siècle
Ajout du portail roman
Ajout du portail roman
Second quart du XIIe siècle (≈ 1250)
Portail sculpté et clocher octogonal.
Seconde moitié du XIIe siècle
Remplacement du chœur roman
Remplacement du chœur roman
Seconde moitié du XIIe siècle (≈ 1275)
Chœur gothique de deux travées.
XIVe siècle
Ajout de la chapelle sud
Ajout de la chapelle sud
XIVe siècle (≈ 1450)
Style rayonnant tardif et fenêtre flamboyante.
1544
Achèvement des travaux
Achèvement des travaux
1544 (≈ 1544)
Date gravée sur les fonts baptismaux.
Second quart du XVIe siècle
Construction du bas-côté nord
Construction du bas-côté nord
Second quart du XVIe siècle (≈ 1650)
Architecture flamboyante et piliers sculptés.
1967
Effondrement de la flèche
Effondrement de la flèche
1967 (≈ 1967)
Reconstruction à l'identique du clocher.
30 avril 1969
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
30 avril 1969 (≈ 1969)
Protection de l'édifice par arrêté.
2018
Suspension des messes dominicales
Suspension des messes dominicales
2018 (≈ 2018)
Réorganisation paroissiale dans le Vexin.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. D 93) : inscription par arrêté du 30 avril 1969
Personnages clés
| Abbé de Saint-Germer-de-Fly - Collateur de la cure |
Nommait le curé sous l'Ancien Régime. |
| Alexis Prévost - Curé de Lierville en 1733 |
Bénit la cloche nommée Marie Louise. |
| Louis Pierre Robert - Seigneur de Lierville |
Parrain de la cloche en 1733. |
| Marie Louise Chibert - Marraine de la cloche |
Épouse d'un conseiller au Parlement. |
| Pierre Charles Morel - Fondeur de cloches |
Auteur de la cloche de 1733. |
| Père Seïté - Dernier prêtre résident |
À Boubiers jusqu'en 1992. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Lierville, située dans le département de l'Oise en région Hauts-de-France, est un édifice religieux dont les origines remontent à la fin du XIe siècle. Sa nef primitive, non voûtée, fut enrichie au XIIe siècle par un portail roman sculpté et un clocher octogonal, l'un des cinq exemples conservés dans le Vexin français. Ce clocher, caractéristique de la période romane tardive, présente une base voûtée d'ogives et un étage supérieur ajouré de baies en plein cintre.
Au XIIIe siècle, le chœur roman initial fut remplacé par un chœur gothique de deux travées, terminé par un chevet plat. Ce remaniement marqua le début d'une série d'extensions, dont l'ajout d'une chapelle latérale sud au XIVe siècle, illustrant le style rayonnant tardif avec ses voûtes et ses fenêtres à remplage complexe. La guerre de Cent Ans ralentit les travaux, mais au XVIe siècle, un bas-côté nord de cinq travées fut ajouté, arborant des piliers flamboyants et des culs-de-lampe sculptés, témoignant d'une maîtrise artistique remarquable.
L'église fut inscrite aux monuments historiques en 1969, après la reconstruction de la flèche du clocher effondrée en 1967. Son mobilier, incluant des statues des XVIe et XVIIe siècles et des fonts baptismaux Renaissance, reflète son riche passé liturgique. Aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-François-d'Assise du Vexin, elle conserve une place centrale dans le patrimoine local, malgré la suspension des messes dominicales depuis 2018.
Architecturalement, l'édifice allie rusticité et raffinement : la nef romane, aux murs épais percés de baies archaïques, contraste avec le chœur gothique et ses chapelles latérales aux décors sculptés. Le clocher, avec ses contreforts plats et son étage octogonal, domine le village et rappelle l'importance symbolique des églises paroissiales dans l'organisation médiévale du territoire. Les modifications successives, comme l'ajout du bas-côté nord ou le remaniement des fenêtres, illustrent l'adaptation continue de l'édifice aux besoins liturgiques et esthétiques de chaque époque.
Le mobilier classé, tel que la statue de la Vierge à l'Enfant du XVIe siècle ou les fonts baptismaux datés de 1544, complète ce tableau historique. Ces éléments, bien que partiellement dégradés ou badigeonnés, offrent un aperçu des pratiques artistiques et dévotionnelles des communautés rurales du Vexin. L'église, entourée de son ancien cimetière transformé en place publique, reste un témoin silencieux de l'histoire locale, des fondations médiévales aux réorganisations paroissiales contemporaines.