Frise chronologique
1120
Première mention écrite
Première mention écrite
1120 (≈ 1120)
Bulle du pape Calixte II pour Saint-Hilaire
1208
Transfert à Prouille
Transfert à Prouille
1208 (≈ 1208)
Passage sous contrôle des dominicains
1317-1318
Tentative d'érection en cathédrale
Tentative d'érection en cathédrale
1317-1318 (≈ 1318)
Décision de Jean XXII annulée
1355
Destruction partielle
Destruction partielle
1355 (≈ 1355)
Par le Prince Noir pendant la guerre
1453
Consécration de l'église
Consécration de l'église
1453 (≈ 1453)
Après reconstruction post-guerre
1775
Destruction de la flèche
Destruction de la flèche
1775 (≈ 1775)
Par un orage et la foudre
1777
Reconstruction de la flèche
Reconstruction de la flèche
1777 (≈ 1777)
Après l'incident de 1775
1894
Restauration des clochetons
Restauration des clochetons
1894 (≈ 1894)
Nord et Sud du transept
1948
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1948 (≈ 1948)
À l'exception des parties du XIXe
1994
Restauration de l'orgue
Restauration de l'orgue
1994 (≈ 1994)
Par Pierre Vialle, ton XVIIIème rétabli
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise, à l'exception des parties restaurées au XIXe siècle (flèche du clocher, arcs et voûtes de la nef, clochetons Nord et Sud) : inscription par arrêté du 27 septembre 1948
Personnages clés
| Calixte II - Pape (1119–1124) |
Mentionne l'église dans une bulle |
| Jean XXII - Pape (1316–1334) |
Tenta d'en faire une cathédrale |
| Prince Noir - Chef militaire anglais |
Détruisit Limoux en 1355 |
| Pierre de Montbrun - Facteur d'orgues (XVIIIe) |
Construisit l'orgue entre 1740-1743 |
| Jean-François Picard L'Épine - Facteur d'orgues |
Modifia l'orgue (1767–1772) |
| Théodore Puget - Facteur d'orgues (XIXe) |
Transforma l'orgue en 1871 |
| Pierre Vialle - Facteur d'orgues (XXe) |
Restaura l'orgue en 1994 |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Limoux, mentionnée dès 1120 dans une bulle du pape Calixte II confirmant les possessions de l'abbaye de Saint-Hilaire, fut initialement construite au XIIe siècle sur les bords de l'Aude. Elle passa en 1208 sous la dépendance du monastère de Prouille après un long conflit avec Saint-Hilaire. Son histoire fut marquée par une tentative avortée d'érection en cathédrale en 1317 par Jean XXII, décision annulée en 1318 sous la pression de Prouille, ce qui stoppa probablement son achèvement. La ville, détruite en 1355 par le Prince Noir, retarda sa consécration jusqu'en 1453.
L'édifice, à l'origine de style roman (nef, porche, base du clocher), fut remanié aux XIIIe et XIVe siècles avec l'ajout d'un déambulatoire, de chapelles absidiales et d'un transept. Le clocher gothique (XVIe siècle) fut bâti sur une tour carrée romane préexistante. La flèche, détruite par la foudre en 1775, fut reconstruite en 1777. Au XIXe siècle, des restaurations majeures concernèrent la flèche, les voûtes de la nef et les clochetons. L'église, haut symbole de Limoux, fut inscrite aux monuments historiques en 1948, à l'exception des parties restaurées.
L'intérieur abrite un orgue remarquable, construit entre 1740 et 1743 par Pierre de Montbrun, puis modifié par Jean-François Picard L'Épine (1767-1772) et Théodore Puget (1871). Classé en 1967, il fut restauré en 1994 par Pierre Vialle, retrouvant son ton d'origine du XVIIIe siècle. Les vitraux modernes et un baldaquin en bois sculpté (XVIIIe siècle) complètent ce patrimoine. La façade, rénovée en 1993 grâce à l'opération Toques et clochers, illustre l'attachement local à ce monument emblématique.
Architecturalement, l'église allie une nef romane à trois vaisseaux, un chœur entouré de cinq chapelles absidiales, et dix chapelles latérales. Le portail occidental, vestige roman, présente des colonnettes à chapiteaux sculptés (feuillages, scènes historiées). Le clocher octogonal du XVIe siècle, percé de fenêtres en arc brisé, repose sur une base carrée romane. Deux clochetons, reconstruits en 1894, couronnent le transept. Le presbytère communique directement avec la sacristie via un passage voûté.
L'église Saint-Martin incarne les transformations stylistiques et les conflits religieux médiévaux. Son histoire reflète les tensions entre abbayes (Saint-Hilaire, Prouille), l'influence des dominicains, et les aléas politiques (guerre de Cent Ans, destruction par le Prince Noir). Symbole de résilience, elle reste le point culminant de Limoux, témoin de huit siècles d'histoire locale et religieuse.