Église Saint-Martin de Luché à Luché-Pringé dans la Sarthe

Patrimoine classé Patrimoine religieux Architecture gothique angevin Vestiges mérovingiens

Église Saint-Martin de Luché

  • 2-13 Place de l'Église
  • 72800 Luché-Pringé
Église Saint-Martin de Luché
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Église Saint-Martin de Luché
Crédit photo : Benchaum - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIe siècle
Construction initiale
1225
Achèvement du chœur
1538
Ajout de la cloche
XIVe au XVIe siècle
Construction du transept
1796
Vente comme bien national
1813
Rétrocession à la commune
1876
Restauration du chœur
1921
Incendie dévastateur
1929
Consécration après restauration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Choeur : classement par arrêté du 22 juillet 1913

Personnages clés

Raoul V Seigneur ayant donné l'édifice aux moines de Saint-Aubin en 1057.
Emmeline de Montreveau Épouse de Raoul V, donatrice de l'édifice aux moines de Saint-Aubin.
Geoffroy II de Chemens Donateur ayant permis l'achèvement des voûtes du transept.
Marthe de Baïf Donatrice ayant permis l'achèvement des voûtes du transept.
Victor Dupont Architecte responsable de la restauration du XIXe siècle.
François Fialeix Artisan ayant réalisé les vitraux du chœur et du transept en 1876.
Raymond Dubois Sculpteur ayant taillé une Vierge de l'Annonciation en 1950.

Origine et histoire de l'Église Saint-Martin de Luché

L'église Saint-Martin de Luché-Pringé, paroissiale de culte catholique située dans la Sarthe, a été bâtie dès le XIe siècle par les moines de l'abbaye Saint-Aubin d'Angers sur les bases d'un sanctuaire antérieur probablement dédié à sainte Apolline. Le chœur, achevé en 1225, illustre le style gothique angevin par ses voûtes « Plantagenêt » et ses fines colonnes de pierre de Chauvigny. La construction a connu de nombreuses transformations : un transept a été ajouté aux XVe–XVIe siècles, puis l'église a été partiellement détruite par un incendie en 1921 ; la nef n'a été que partiellement reconstituée, laissant la place à un parvis pour l'accès par la façade occidentale. Classée aux monuments historiques en 1913, elle conserve une riche collection de statues en bois, pierre et terre cuite, ainsi que des vitraux de François Fialeix installés à la fin du XIXe siècle ; la plupart des éléments mobiliers sont également protégés au titre d'objet.

Les origines paroissiales sont très anciennes et liées à la traversée du Loir ; aucun vestige du premier sanctuaire ne subsiste, hormis le nom de la place voisine et un puits alimenté par une source prenant naissance sous le chœur. En 1057, Raoul V et son épouse Emmeline de Montreveau donnèrent l'édifice aux moines de Saint-Aubin avec l'obligation de fonder un prieuré sous le vocable de saint Martin ; la nouvelle église fut alors édifiée côte à côte avec l'ancien bâtiment, sans façade occidentale initiale. Le prieuré prospéra par donations et confirmations pontificales et épiscopales, tandis que la construction du chœur et des bases du clocher se poursuivit jusqu'en 1225.

La réalisation du transept s'étala du XIVe au XVIe siècle, retardée par la guerre de Cent Ans ; des donateurs comme Geoffroy II de Chemens et Marthe de Baïf permirent l'achèvement des voûtes du transept entre 1506 et 1538. Au XVIe siècle, des travaux importants touchèrent la nef et la partie haute de la tour du clocher grâce aux ressources des prieurs commendataires ; l'église reçut en 1538 une cloche ornée portant les noms de ses donateurs. Les troubles religieux du milieu du XVIe siècle entraînèrent la destruction partielle de mobilier sous la conduite d'un prieur converti au protestantisme, et le prieuré passa ensuite, en 1604, sous la dotation faite aux Jésuites en lien avec le Collège royal de La Flèche.

Pendant la Révolution, l'église fut vendue comme bien national en 1796 à trois habitants qui voulurent la préserver, puis les propriétaires promirent de la donner à la commune pour rendre le culte ; ces promesses furent entérinées par décrets impériaux et l'acte définitif fut signé en 1813. À la fin du XIXe siècle, l'abbé Détis engagea des restaurations ; le chœur fut restauré en 1876 et des vitraux de Fialeix furent posés la même année. L'incendie du 27 juin 1921, provoqué par la foudre, dévasta la nef et le clocher : seule la voûte du chœur subsista, de nombreux mobiliers furent endommagés et les cloches fondirent partiellement avant de se briser. Les messes furent provisoirement célébrées sous le porche du presbytère et la reconstruction, ralentie par des difficultés financières et des pénuries d'après-guerre, dura plus de huit ans ; la commune dut contracter un emprunt et des travaux de charpente, couverture et sculpture furent conduits par des artisans locaux et venus du Mans. Lors des terrassements on mit au jour des ossements et un sarcophage mérovingien ; l'ultime travée de la nef ne fut pas relevée, aménageant un parvis clos par un muret, et l'église restaurée fut consacrée le 8 septembre 1929.

Après la Seconde Guerre mondiale, le mobilier s'enrichit : en 1950 une Vierge de l'Annonciation taillée dans un tronc de cèdre par Raymond Dubois fut installée, plusieurs statues protégées provenant de Notre‑Dame de Pringé furent transférées à Luché, et en 1966 deux cloches venues d'Algérie furent ajoutées. En 1996, Dom Le Méhauté exécuta un nouveau maître-autel en réutilisant des pierres du précédent, et en 2001 les vitraux de la nef furent remplacés par des verrières abstraites réalisées par l'atelier Vitrail France. L'édifice sert aujourd'hui l'ensemble paroissial dépendant du diocèse du Mans.

Sur le plan architectural, l'église présentait un plan rectangulaire atypique d'environ 40 mètres sur 19, la façade ouest étant adossée au jardin du prieuré et le portail établi dans le mur sud. La nef comportait trois vaisseaux séparés par des piliers carrés et des arcs brisés, le bas-côté nord étant divisé par un arc transversal et le bas-côté sud partagé en quatre sections correspondant aux pignons extérieurs. Le chœur, de plan rectangulaire d'environ 11 sur 14 mètres et réservé à l'origine aux moines, se compose de six voûtes bombées de type Plantagenêt avec des clés ornées de rosaces, d'une Vierge à l'Enfant, d'un agneau pascal et d'armoiries ; la retombée des liernes est masquée par des masques sculptés le long des murs. À l'extérieur, des contreforts plats soutiennent le chevet et encadrent quatre lancettes, et l'un d'eux porte l'épitaphe usée de l'abbé Mathurin Dubé.

Le transept, achevé au XVIe siècle grâce à des mécènes, porte sur sa clé de voûte les armoiries de Geoffroy II de Chemens et Marthe de Baïf ; le clocher, reconstruit en tuffeau sur des bases plus anciennes, est de forme carrée et se signale par une corniche moulurée et un décor en trois registres d'oves, de feuilles d'acanthe et d'une fausse balustrade. Le portail, remonté pierre par pierre sur la nouvelle façade après l'incendie, illustre la transition gothique-Renaissance par un groupe mutilé représentant la Charité de saint Martin, tandis que les murs extérieurs sont ponctués de gargouilles et de figures grotesques.

Le mobilier comprend de nombreuses sculptures remarquables : un groupe en noyer représentant la Déploration, attribué à un atelier tourangeau ou nordique autour de 1500 et classé en 1938, deux crucifixions en noyer dont l'une provient de Pringé et a été partiellement reconstituée, une Vierge de pierre couronnée tardive du XIVe siècle venue de Pringé, un saint Jean-Baptiste polychrome du XVIe siècle, ainsi que des éléments de statues en calcaire du début du XVIe siècle retrouvés au XXe siècle dont saint Michel, protégé au titre des monuments historiques depuis 1982. Le chœur conserve des statues en terre cuite, dont un saint Martin évêque de 1668 par Nicolas Bouteiller et une Vierge à l'Enfant de la première moitié du XVIe siècle.

Les vitraux du chœur et du transept, réalisés par François Fialeix en 1876, illustrent des épisodes de la vie de Jésus et la vie de saint Martin ; ceux de la nef, d'Emmanuel Putanier (atelier Vitrail France), sont de style abstrait et datent de 2001, la baie ouest représentant la Crucifixion. Parmi les autres objets remarquables figurent un sarcophage mérovingien classé en 1988, une clôture de chœur en fer forgé du XVIIIe siècle, la chaire et les fonts baptismaux offerts en 1929 et divers autels secondaires, reliquaires et statues provenant d'époques variées. Le clocher abrite trois cloches, la plus grosse, Anne‑Marie‑Martine, ayant été installée en 1925 et fondue par les établissements Bollée ; les deux autres, Jeanne et Alice, proviennent de paroisses algériennes et ont été bénies en 1966.

Liens externes