Frise chronologique
Fin du XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
Fin du XIIe siècle (≈ 1295)
Nef unique et abside voûtée.
21 mars 1557
Fonte de la cloche
Fonte de la cloche
21 mars 1557 (≈ 1557)
Cloche conservée dans le clocher-mur.
Fin du XVIe siècle
Chaire à prêcher
Chaire à prêcher
Fin du XVIe siècle (≈ 1695)
Sculptée en pierre, époque Contre-Réforme.
XVIIe siècle
Renforts structurels
Renforts structurels
XVIIe siècle (≈ 1750)
Ajout de contreforts sur les murs.
24 décembre 1925
Classement MH
Classement MH
24 décembre 1925 (≈ 1925)
Inscription totale aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 24 décembre 1925
Personnages clés
| Information non disponible - Aucun personnage cité |
Le texte source ne mentionne aucun acteur historique spécifique lié à ce monument. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Lugaignac, située dans le département de la Gironde en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice religieux dont la construction remonte à la fin du XIIe siècle. De dimensions modestes (20 mètres de long sur 6 mètres de large), elle se compose d’une nef unique de trois travées, voûtée en berceau brisé, et se termine à l’est par un chœur carré et une abside à pans couverte d’une voûte en cul-de-four. Les murs de la nef ont été renforcés par des contreforts au XVIIe siècle, tandis que deux chapelles latérales et un porche occidental furent ajoutés ultérieurement. L’église abrite une cloche datée de 1557, ainsi qu’une chaire en pierre de la fin du XVIe siècle et un bénitier du XIIe siècle, orné de motifs symboliques comme des grappes de raisin.
Le portail de l’église, richement décoré, aligne douze colonnes aux chapiteaux sculptés, dont certains conservent des motifs géométriques ou végétaux originaux. Le chevet, particulièrement remarquable, présente une série de modillons romans en excellent état, illustrant des scènes variées : animaux mythologiques, figures humaines engagées dans des activités quotidiennes ou des représentations jugées « obscènes » pour l’époque. Ces sculptures, typiques de l’art roman, servaient de support visuel aux sermons, dénonçant les péchés et les vices à une population majoritairement illettrée. L’édifice, propriété de la commune, a été inscrit aux monuments historiques en 1925.
Les modillons de l’église Saint-Martin offrent un aperçu fascinant de l’iconographie médiévale et de sa fonction didactique. Parmi les représentations les plus frappantes figurent un exhibitionniste anal, un centaure associé à des figures démoniaques, ou encore un satyre et une femme, symbolisant la tentation charnelle. Ces sculptures, bien que parfois choquantes pour les standards modernes, reflètent les préoccupations morales et religieuses du clergé au Moyen Âge. Leur présence atteste d’une volonté délibérée d’éduquer et d’avertir les fidèles à travers un « sermon en pierre », conforme aux directives du deuxième concile de Nicée (787), qui affirmait le contrôle ecclésiastique sur l’iconographie religieuse.